‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 5)Chapitre 41 sur 364 · Mémoires^ p · texte numérisé non relu

Mémoires^ p

SUR LÀ ROCHEFOUCAULD. lui

tkxns du galant duc de Nemours. Quelle fut la part respective de la politique et de la coquetterie en ces relations, d'ailleurs fort courtes, que la soeur de Condë eut avec Nemours, à Bordeaux, après le dëpart de la Rochefoucauld *■ ? Ce point délicat, que Y. Cousin s'est obstiné à vouloir fixer, importe peu, après tout, à la postérité et à l'histoire. Il est certain que les apparences tout au moins condamnent Mme de Longueville : les contemporains ont pu blâmer la Rochefoucauld de n'avoir pas su pardonner; ils n'ont pas dit que sa rigueur méritât le nom d'injustice ^.

Toujours est-il que le duc, cruellement atteint dans son amour-propre, saisit avidement l'occasion de se venger : ce fut, en somme, une vilenie ; mais, comme dit Mme de Sévigné, a-t-on gagé d'être parfait ' ? ajoutons, surtout en amour ? que de gens perdraient la gageure! On imagina un complot, où l'ancien amant de Mme de Longueville jouait un rôle qu'on ne peut guère expliquer qu'au moyen de circonlocutions euphémiques; il servit d'intermédiaire officieux entre les trois personnages suivants : Mme de Châtillon, désireuse et fière de conquérir le cœur de Coudé ; Condé, impatient de capituler aux mains de la dame ; et Nemours, qui, bien que partie sacrifiée dans Tafiaire, consentit cependant à cette triple alliance politique*. Mais cette stratégie n'eut pas l'effet qu'on en attendait : la Rochefoucauld en fut pour son entremise, le duc de Nemours pour sa complaisance ambitieuse, et le prince de Condé

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