Voyez ci-dessus, p. xni
3. Il y a bien telles dans le manuscrit *, avec ce pluriel, il faudrait, ce semble, toutes après passant,
4. Nous renvoyons à la Notice spéciale qui est en tête du tome II, pour ce qui concerne ces Mémoires^ dont Bayle a poussé si loin l'éloge qu*il va jusqu*à nous dire : a Je m^assure qu'il y a peu de partisans de Tantiquité assez prévenus pour soutenir que lei Mémoires du duc de la Rochefoucauld ne sont pas meilleurs que ceux de César. » (Dictionnaire^ article César, tome I, p. 83 1, note G, édition de Rotterdam, 1790.)
SUR LA ROCHEFOUCAULD. nx
L'ex-secrëtaire nous apprend lui-m&me qu*en 1657, ^ trouvant « en argent comptant, » il songea a à traiter des anciennes dettes de la maison de la Rochefoucauld, i» Il obtenait « des remises, » qu'il mettait au profit du duc. Il écrit ailleurs, dans ses Mémoires^ à la date de 1661 : a M. de la Rochefoucauld, n'ëtant pas trop bien dans ses affaires, me demanda de vouloir bien lui faire le plaisir de recevoir les revenus de ses terres, et de lui faire donner, tous les mois, quarante pistoles pour ses habits et ses menus plaisirs : ce qui a dure jusqu'à sa mort. Non-seulement j'avois soin de Cadre payer les arrérages, mais encore d'éteindre beaucoup de petites dettes de sa maison, tant à Paris qu'en Angoumois : ce qui loi faisoit un plaisir si sensible, qu'il en parloit souvent pour mieux le témoigner. M. le prince de Marcillac, voulant aller à l'armée, se trouva sans argent ni équipage, et désirant d'y porter un service de vaisselle d'argent, sa famille jugea qu'il lui falloit jusqu'à soixante mille livres : je les prêtai, et elle m'en fit une constitution. Il m'emprunta encore, de temps en temps, jusqu'à cinquante mille livres ; et ayant encore eu besoin de vingt mille livres, je me disposai à les lui prêter; M. de Liancourt, qui sut jusqu'oii ces emprunts alloient, et qu'ils n'étoient pas trop assurés, dit qu'il s'en rendoit caution, pour que je ne pusse y perdre. » La même année, comme la Rochefoucauld délibérait, non sans un crève-cœur bien naturel, s'il ne vendrait pas son bel équipage de chasse, ce fut encore Gourville qui lui épargna cet ennui, en s'accommodant « avec celui qui en avoit soin » et en payant à ce dernier « la moitié de la dépense » par mois et par avance. Enfin, en 166a, le duc, toujours à court d'argent, obtient de l'industrieux homme d'affaires qu'il fasse « le salut de sa maison » en lui achetant au prix de trois cent mille livres, c'està-dire « au denier trente, » sa terre de Cahuzac, « qui valoit dix mille et quelques livres de rente ^ »
La Rochefoucauld avait lui-même sur le prince de Condé de grosses créances, qui remontaient au temps de la Fronde; mais l'auguste débiteur ne s'acquittait que fort lentement; treize ou quatorze ans après la guerre, le duc était encore
I. Mémoires de GowrvlUe^ p. Saa, 345, 356 et 357, 36o et 36i.
Lx NOTICE BIOGRAPHIQUE
en instances pour se faire rembourser*. Gourville rapporte dans ses Mémoires^ qu'il essaya d'intëresser le surintendant Foucquet' à la fortune de son premier maître : « Il me rebuta fort, ëcrit-il, en me disant qu'il sa voit bien que M. de la Rochefoucauld n'ëtoit pas de ses amis; mais il ne voulut jamais s'ouvrir à moi davantage sur cela. » Cette assertion semble pourtant contredite par un document manuscrit qui existe à la Bibliothèque nationale * ; nous lisons en effet, dans une pièce de la main du docteur Vallant, intitulée : Mémoire de certaines choses fjue ton a trouvées chez M. Foucquet après qu*il fut arrêté : « .... On a trouvé une liste de pensionnaires; M. de Beaufort a quarante mille livres, Grandmont (Gramont)^ Clérembault et un autre maréchal de France, a chacun dix mille écus ; deux ducs et pairs, la Rochefoucauld et un autre, dix mille écus. » Si quelque brouille était survenue depuis entre le duc et Foucquet, il n'y en avait pas moins eu d'abord services et promesses de reconnaissance : « J'ai beaucoup de confiance en l'affection de M. le duc de la Rochefoucauld et en sa capacité, écrit le Surintendant dans le fameux projet intitulé Secret^ rédigé en 1657, et trouvé à Saint-Mandé * ; il m'a donné des paroles si précises d'être dans mes intérêts, en bonne ou mauvaise fortune, envers et contre tous, que, comme il est homme d'honneur et reconnoissant la manière dont j'ai vécu avec lui et des (sic) services que j'ai eu intention de lui rendre, je suis persuadé que lui et M. de Marcillac ne me manqueroient pas h jamais. » Peut-être faut-il chercher,
I. Voyez au tome III, p. 194, la lettre à Guitaut du 30 août 1667, et la note 8 de la page 196.