‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 5)Chapitre 59 sur 364 · Segraisiana (1732), p. loa · texte numérisé non relu

Segraisiana (1732), p. loa

4. Notice sur la vie et tes ouvrages de Mme de la Fayette^ p. yi, en tète des Œuvres^ 1804.

5. Collectiom des Mémoires^ 1'* séné, tome LXIV, Notice sur Ètme de la Fayette^ p. 34i. — Le texte de Petitot ùxt bien, comme nous le disons, le commencement de la liaison à i655; mais, en note, une curieuse faute d'impression substitue à cette date la nôtre, i665.

LXXYi NOTICE BIOGRAPHIQUE

comme parle la lettre, aux propos du monde *, est postérieure de dix amiëes.

La comtesse, mariée en i655, était veuve : depuis combien d'années? nous ne le savons pas au juste ; mais le plus jeune de ses fils était né en 1659. Elle habitait rue de Vaugirard, en Êice du petit Luxembourg, un charmant hôtel avec un jardin où il y avait « un jet d'eau, un petit cabinet couvert,... le plus joli petit lieu du monde pour respirer à Paris ^. » Là se rencontrait une docte et spirituelle société : Huet, la Fontaine, Ménage, Mme de Sévigné, Segrais, la Rochefoucauld, parfois Monsieur le Prince, « le héros, » dont elle était « si amie, » nous dit Saint-Simon*, et qui demeurait dans le voisinage. Mme de la Fayette avait toutes les qualités du rôle qu'elle remplit si assidûment auprès de l'auteur des Maximes : plus

I. Et ces propos ne ménageaient pas tous la vertu de la comtesse. Un contemporain, le sieur Guillard, écrit, en 1689, dans un article de ses Généalogies*^, que Ton a a fait de petites railleries d*elle parce quVlle soufFroit avec plaisir Tattacbe que le feu duc de la Rochefoucauld avoit pour elle. » La médisance est moins polie dans une chanson du temps ^, où Mme de la Fayette est désignée sous le nom de la nymphe SagUtte et son ami sous celui du berger FoucauU ; Petitot (tome LXFV, p. 34^1 note a) en cite quelques lignes auxquelles le nom propre très-significatif de Saueourt (Sojreeourt) donne un sens fort clair et fort libre.

a. Mme de Sévigné, lettre du 34 juillet 1676, tome IV, p. 543. — Mme de la Fayette était fille d'Aymar de la Vergne, maréchal de camp. C'est lui sans doute que la Topographie historique du vieux Paris, de MM. Berty et Tisserand (région du Bourg Saint-Germain, p. 3i8), désigne par ce nom : a le sieur de la Vergne, » comme ayant acheté des religieuses du Calvaire, en 1640 (sa fille avait alors six ans, et quatorze ou quinze quand elle le perdit), une partie d'un grand jardin faisant le coin occidental de la rue Férou. L'acte de décès de Mme de la Fayette dit bien que son hôtel, où elle mourut en 1698, était ce rue de Vaugirard, proche la rue Férou » : voyez le Dictiùnnaire de Jal, p. 710 et 731.

3. Mémoires de SainiSimon, édition de 1878, tome IV, p. 897. — "Vojezhi lettre de Mme de Sévigné du 39 juillet 1676, tome IV, p. 549*

• Bibliothèque nationale, Fonds Gaigniires, Fr. a5 187, p. 3o. Publié dans le Cabinet historique, tome lY, i858, p. a 13. » Chansonnier, Fr. ia639, p. 177.

SUR LA ROCHEFOUCAULD. lxxvii

de sdidité que d'éclat, plus de fond sensë que de vivadtë d'esprit, une merveilleuse tendresse d'âme unie à « cette divine raison^ » que Bfme de Sëvignë nomme ^ « sa qualité principale. » Elle savait le latin presque aussi bien que Ménage et le P. Rapin, qui le lui avaient appris; mais elle n'en faisait point parade, afin de ne pas attirer sur elle la jalousie des autres femmes. C'était, en outre, une femme d'affaires, ayant l'entente des procès*; son esprit était grand, mais « elle avoit, nous dit Segirais*, le jugement au-dessus de son esprit; elle aimoit le vrai en toutes choses et sans dissimulation. C'est ce qui a fait dire à M. de la Rochefoucauld qu'elle étoit vraie ^, façon de parler dcmt il est auteur et qui est assez en usage. » Née en i633 ou i634, elle devait, d'après ce que nous venons de dire, avoir trente-deux ou trente-trois ans quand la Rodiefoncaukl, âgé, lui, de cinquante-deux ou cinquante-trois, s'abrita définitivement sous son aile. Il semble toutefois que l'ancien Frondeur ait eu, à ce moment même, un vague retour et comme une secousse passagère d'ambition. Nous savons en effet '^ qu'il brigua, vers i665, la charge de gouver-

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