I. Voyez, ci-après, V appendice ix, p. cxti
s. Lettre du i5 décembre 1678, tome III, p. 3 16.
3. a M. de la Rochefoucauld ne bouge plus de Versailles, dit en plaisantant Mme de Sévigné (10 novembre 1673, tome III, p. 983);
e Roi le fait entrer et asseoir chez Mme de Montespan, pour entendre les répétitions d'un opéra (fAlceste, de Quinauit et Lulii) qui passera tous les autres. » — La marquise dit cependant, peu de temps après, dans la lettre du i5 décembre citëe tout à F heure, qu'il a n'a point d'autre faTeur que celle de son fils, qui est trèsbien placé. Il entra, l'autre jour, comme je tous l'ai déjà mandé, à une musique chez Mme de Montespan : on le fit asseoir ; le moyen de ne le pas faire? cela n'est rien du tout. »
4. C'était au moins TaTÎs de plus d'un de ses contemporains; il est exprimé dans cette note du Chansonnier (Bibliothèque nationale, Ms. Fr. la 619, p. 557 et 558) : « Le duc de la Rochefouoauld Toyant le prince de Marcillac, son fils, dans une espèce de faTeur auprès du roi Louis XIV, tant à cause des charges de grand maître de la garde-robe de Sa Majesté quUl aToit, et de grand Teneur dont il venoit d'être pourTu, qu'à cause de la confidence du Roi qu'il aToit alors, personne n'étant mieux que lui auprès de son maître; le duc de la Rochefoucauld, dis-je, qui se sentoit un esprit supérieur, du savoir, de la capacité, beaucoup de talents, une grande naissance jointe à la dignité de duc et pair, et aTec cela beaucoup d'ambition, eût peut-être été aise de profiter de la fiiTeur de son fils pour se faire goûter au Roi, et entrer par là dans le ministère. Mais comme Michel le Tellier, chancelier de France, et François-Michel le Tellier, marquis de LouTois, son fils, secrétaire d'État au département de la guerre, ëtoient tous deux
SUR LA ROCHEFOUCAULD. lxxxix
mettait, il se rendait soit à Chantilly, soit, non loin de là, à Liancourt. En septembre 1676, il fait même, en compagnie de Grourville, un voyage dans le Poitou, et il y mène, par exception, joyeux train, allant « comme un enfant, » dit Mme de Sévignë', voir Verteuil rebâti et les lieux où il avait chasse avec tant de plaisir. Pendant ce temps, Mme de la Fayette ëtait à Saint-Maur, avec « son mal de côte. »
ministres d*État, aussi bien que J.-B. Colbert, aussi secrétaire d'État et contrôleur général des finances, il falloit débusquer Tune de ces deux familles pour pouToir entrer dans le Conseil étroit du Roi. Le duc de la Rochefoucauld avoit attaqué la première et lai rendoit tous les mauvais offices qu'il pouvoit en secret,... tant par le moyen du prince de Marcillac, qui parloit confidemment au Roi, que par toutes les autres voies qu*il pouToit imaginer, v Voici du reste le couplet auquel est jointe cette note :
La Rocbefooeanld, c« guerrier
Dans la Fronde ai redoaUble,
Contre la race da Tellier
En catimini fait le diable,
Et ai ce matois de ligueur
Ne leur fidt mal, il leur fait penr.
L*alliance dont nous parlons au paragraphe suivant rend plus qu*improbable cette sourde guerre, au moins au temps où la place Fannotateur, d*après qui elle serait postérieure à la nomination de Bfarcillac à la charge de grand veneur, c'est-à-dire au mois de juillet 1679, qui est Tannée même où le petit-fils de notre duc épousa, en novembre, la fille de Louvois.
Un second couplet, très-méchant pour le prince de Marcillac :
A la conr il est sontena De la ganache formidable Da gros Marcillac, derenu Homme important et fort capable,
est commenté d*une façon grossièrement désobligeante.
I. Lettre du 7 octobre 1676, tome V, p. 90. Voici ce que Gourville (Mémoires^ p. 469 et 470) raconte de ce voyage : a Au commencement de septembre 1676, je fis un voyage en Angoumois avec M. de la Rochefoucauld, M. le marquis de Sillery et M. Tabbé de Quincé. Comme il y avoit longtemps que M. de la Rochefoucauld n*avoit été dans ce pays-là, il fut visité d*un grand nombre de noblesse des provinces voisines; et, après avoir resté quelques jours à Verteuil, il alla faire une pèche dans la Charente de Mon-
xc NOTICE BIOGRAPHIQUE
L'année 1679 fut marquée pour la Rochefoucauld par une belle joumëe. Son petit-fils François de la Roche-Guyon ëpottsa un des grands partis de France, Madeleine-Charlotte le Tellier, fille de Louvois. Langlade avait fait ce mariage, qui fut cëlëbré avec une grande pompe le a3 novembre ^ ; le cadeau de noces du Roi fut magnifique*: brevet de duc sur la terre de la Roche-Guyon, survivance, pour le jeune ëpoux, des charges de grand veneur et de grand maître de la garde-robe.
Le duc eût pu goûter un autre genre de satisfaction en se faisant ëlire à TAcadëmie française. Le célèbre ërudit Huet, le futur ëvêque d'Avranches, sous-précepteur du Dauphin depuis 1670 et membre de l'Académie depuis 1674, avait fait une démarche auprès de Mme de la Fayette pour qu'elle engageât son ami à se mettre sur les rangs. Dans sa correspondance, conservée à la Bibliothèque nationale, sont les copies de deux billets, sans date, de la comtesse, qui rappellent cette invitation et le refus qui l'accueillit :
Je m^en vais envoyer Totre lettre à M. de la Rochefoucauld. Je ne TOUS réponds de rien : il a la goutte, et ce fieroit même une excuse pour n'être pas reçu en forme '.
Da même jour.
M. de la Rochefoucauld tous est sensiblement oblige de Fenyie que vous avez de Favoir dans Totre compagnie; mais il tous supplie de TOUS contenter de cette bonne intention, et d'empêcher qu*on ne pense à lui. Je ne saurois assez vous dire quelle est sa reconnoissance. Il me prie de tous en assurer, et il vous conjure aussi de témoigner à tous tos Messieurs combien il leur est obligé
tignac, où Ton prit plus de cinquante belles carpes, dont la moindre avoit plus de deux pieds. J'en fis porter une bonne partie à la Rochefoucauld, où ces Messieurs allèrent coucher; et, comme j'en étois encore capitaine, je me chargeai d'en faire les honneurs. On servit quatre tables pour le souper; mais, le lendemain, il en fallut bien davantage pour ceux qui venoient faire leur cour à M. de la Rochefoucauld. » En retournant à Paris, on s'arrêta à Basville, chez MM. de Lamoignon.
I. Lettres de Mme de Sivigné du 34 et du 39 novembre 1679, tome VI, p. 99, io5 et 106.