A LA MARQUISE DE SABLÉ
Js suis bien fâché d'avoir appris par M. Esprit que TOUS continuez de^ faire les choses du monde les plus obligeantes pour moi; car je voulois être en colère contre Yous de ne me faire jamais réponse, et de dire tous les jours mille maux de moi à la Plante *• J*ai quelquefois envie de croire que c'est par malice que vous me faites tant de bien et pour m'ôter le plaisir d'avoir sujet de me plaindre de vous. Au reste, M. Esprit me mande qu'il est ravi de quelque chose que vous avez écrit * : je vous demande en conscience s'il est juste que vous écriviez de ces choseS'là sans me les montrer; vous savez avec combien de bonne foi j'en ai usé avec vous, et que les sentences ne sont sentences qu'après que vous les avez approuvées. Il me parle aussi d'un laquais qui a dansé les tricotets * sur l'échafaud où il alloit être roué : il me semble que
Lcrrax 64. — • Porte fêMiUes dé yêUamt^ tome II, fol. ti3 et reno, tatographe ; au dot : « M. de la Rochefoucault ; » cachets oomer* Tés. Publiée dans les éditions de 1818, p. a 18, de i8i5, p. 444 1 ^^ i86g, p. 3oi, et dans Madame de Sablé ^ p. Soi.
I. Que TOUS continuiez de. (1818, iSaS.) Que voua continnea à. (1869 et Madame de SahU.)
a. Voyez ci-dessus, p. 140, lettre 58, note 7.
3. Il s'agit sans doute ici ou de quelques maximes ou du morceau sur PAmtié qui se trouve dans le tome IX des Papiers de Coarart (fol. 175), et que V. Cousin a donné dans Madame de Sablé (1869, p. m et 111)9 ou encore de Touvrage sur VÉducaiiam des eafants (royez p. iSa, lettre 54 ; et p. i5o, lettre 65).
4. Espèce de danse du temps, de très-nve allure : Tojres la lettre 66^ p. i54* Scarron dit, dans la Belle danse :
m Les trieotete et la Castandrei Le tréioBHemeat «t le aaiit, Ce sont les beeas pas qo^il Toai tant :
Un laqnais tous les peut apprcadre. •
Le nom de cette danse est dans les Noils hourgmgnons de la Monnoie : Toyez le Noël t, et Partiele Tmcôtai dans le Glossaire qoi suit les Noëls (4« édition, 1710, p. 387).
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i48 LETTRES,
voilà jusqu'où la philosophie d'un laquais* méritoit d'aller; je crois que toute gaieté* en cet état-là vous est bien suspecte. Xe pensois avoir bientôt Fhonneur de vous voir; mais mon voyage est un peu retardé. Je vous baise très-humblement les mains.
A Yertœil, le 17 d'août ^ Suscription : A Madame Madame la marquise de Sablé,