A MADEMOISELLE DE SILLEBY
Novembre 1664.
Il me semble que vous vous mariez bravement sans
au Roi par le tieur de Castelan, contenant ce qui s^est passe à Gigery, à la retraite des troupes de Sa Majestë. Ce même Castelan avait été charge, en 164a» avec CouTongeset du Plessis-Praslin, d*aiTêterle duc de Bouillon à Casai (Mémoires de Mme de MottevUU^ tome I, p. 85-87). ^ tome XVII du recueil nuinuscrit de Conrart, in>folio, Bibliothèque de TArsenal, renferme (p. 401) une a Relation » de cette affaire de « Gigerye », avec une liste des officiers et des volontaires tues dans la descente. On y lit que a le chevalier de la Rochefoucauld eut le doigt emporte. »
9. Le duc de Beaufort n^obtint pas le gouvernement de la Guyenne, vacant depuis la mort (1661) de Bernard de Nogaret, duc d^Épemon ; il ne fut donné qu^en 1670 au maréchal d*Albret.
10. Ou plutôt la grande maîtrise et surintendance de la navigation, qui avait remplace Tamirauté, supprimée en 1627. En 1669, après la mort du duc de Beaufort, qui fut le dernier grand maître, l'amirauté fut rétablie en faveur du comte de Yermandois : voyez V Histoire de la milice française ^^eccXe P. Daniel, in-4°9 I7>i» tome II, p. 69a et 693.
Lrthx 83. — Nous ignorons où est l'original de cette lettre badine, qui peut sembler étrange au milieu de toute cette correspondance d^affaires ou de cet échange de réflexions morales; il serait désirable qu'on en trouvât l'autographe, pour pouvoir répondre de l'authenticité. Dans une autre lettre, adressée également à Mlle de Sillery (voyez ci-après, p. lai, n» 11 a), la Rochefoucauld badine encore sur Un ton des plus légeri^ Cette lettre 83 a été publiée dans le Petit Magasin des Daflie«(i8o6), p. il 3, dans les Quatre saisons du Parnasse (recueil de FayoUe, a'* année, été 1806), p. ao5, et reproduite dans les éditions de 1818, p. a35, de i8a5, p. 477, de 1869, p. 35o, et dans Madame de Sablé ^ p. 5a i.
I. La nièce de notre auteur (voyez ci-après la note 3), fille du
LETTRES. i*jfj
me rien dire ; j*ayois cependant d^assez bons conseils à vous donner; mais la beauté' de votre naturel et Téducation de ma sœur' vous ont appris sans doute tout ce que vous aviez à faire dans une telle occasion. J'aurois cependant fort souhaité de pouvoir être témoin de votre conduite ; je m'attends que vous m'en rendrez compte, car, sans cela, au lieu des prospérités que je vous souhaite, je vous souhaiterois les impossibilités, les jalousies réciproques, l'incompatibilité d'humeur, un beaupère amoureux de vous, une belle-mère acariâtre, des beaux-frères querelleurs, des belles-sœurs ennuyeuses, polies de campagne^, et aimant à lire de mauvais romans ; de la fumée en hiver, des punaises en été, des fermiers qui paient mal, de fâcheux voisins, des procès en défendant*, des valets qui vous volent, un méchant cuisinier, un confesseur moliniste*, une femme de chambre qui ne sait pas bien peigner, un carrosse mal attelé, un cocher ivrogne, du linge sale, de l'eau trouble, du vin vert, du pain de Beauce '', des créanciers impatients,
marquis de Sillery dont il a été question ci-dessus {leiire la, p. 38, note 4); elle ëpousa, le a3 novembre i664i Jean-Baptiste de Rochefort d'Ail ly, comte de Saint-Point et de Montferrand.
a. Dans les éditions de 1818, i8a5, 1869, et dans Mtulame de Sablé ^ on a substitué ici èonté à beauté \ six lignes plus loin, celles de 1818, i8a5 et 1869 ont souhaite au lieu de souhaiterois \ et encore, neuf lignes plus bas, sache au lieu de sait,
3. Marie-Catherine de la Rochefoucauld, troisième sœur du duc, mariée, par contrat du 37 mai i638, au marquis de Siliery.