‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 203 sur 239 · Voyez ci-dessus, la note 7 de la page · texte numérisé non relu

Voyez ci-dessus, la note 7 de la page

La ROGHKPOUGAUi«D. ni, I o

a4a LETTRES.

TI* bœufs et des moutons, et bien souvent des mules, et que pour de l'argent tout se fait.

Mon fils est parti ce matin pour aller à Brouages^*, pour être là en lieu qu'on ne puisse pas dire qu'il ait eu autre intention que celle d'obéir et de recevoir la punition que son action bien vérifiée méritera^*. Et je vous dis encore que vous pouvez sans crainte, ni pour vous, ni pour moi, ni pour lui, assurer qu'il n'a eu commerce aucun de lettres, de message, d'avis, ni de concert, quel qu'il puisse être, avec cette fenune, depuis avoir parlé, à Royaumont^', à M. de Chavigny ; et de cela, j'en réponds comme assuré, n'ayant pas si mauvaise opinion de lui que je crusse qu'il me voulût engager à répondre de cela sur ma vie et sur mon bonneur, s'il n'étoit vrai.

Et pour ce que dit cet imposteur de Boispillé, qu'il ^* Ta vue à la Terne, je me soumets à tout ce qui se peut imaginer d'infamies et de châtiments, si cela est; car ma femme et la sienne ne l'ont pas perdu de vue huit jours durant, et il n'est pas seulement sorti de céans durant ce temps-là ; et je suis trèscertain que ma femme et mes enfants ne me laisseroient ^^ pas hasarder ma foi, mon honneur et mon repos, et de ma famille '^,

II. Brouage, petit port de mer de la basse Saintonge (Charente-* Inférieure), dont un neveu du cardinal de Richelieu, le duc Jean- Armand de Maillé-Brezé, était alors gouverneur.

la. Cette punition fut un emprisonnement de huit jours à la Bastille : voyez, au tome U, les Mémoire* ^ p. 87, note 5, où nous renvoyons à Cousin pour Tordre adressé au gouverneur de la Bastille, que, du reste, nous donnons nous-même dans la Notice biogra-^ pkique^p, XVIII, note a.

i3. Sur Royaumont, voyez, au tome II, la note i de la pageSi. La Rochefoucauld rapporte, à cet endroit des Mémoires^ qu'il fut conduit à Royaumont par son père et par le comte de Chavigny, alors secrétaire d'État des affaires étrangères, et que là il promit à l'un et à l'autre, avant de partir pour Verteuil, de n'avoir aucun commerce avec la duchesse de Chevreuse, retirée à Tours.

14. Qtf'i/, c'est-à-dire a que mon fils ». Dans l'édition de Cousin, qtCon Va vu ; et, un peu plus loin, la Tesne^ comme plus haut; puis infamie et châtiment^ au singulier; deux lignes plus bas, ià est omis après temps,

i5. Lairoient^ dans le manuscrit.

i6t Mon repos et celui de la £umlle. {Étlitlon Cousin.)

APPENDICE L a43

sur une chose que Ton me déguiseroit et qui seroit toujours gj sue; si ce n'ëtoit à cette heure, ce seroit au moins par le temps et par les diligences*^ qu'on y pourroit apporter. Ce n'est pas que mon fils soit excusable, ni envers moi, non plus que d'ailleurs, car il m'a fort peu considère ; mais je parlerai de mon intérêt particulier quand le général sera vuidé, et je prie Dieu qu'il soit plus sage à l'avenir qu'il ne l'a été depuis deux ou trob ans, et qu'il ait** une meilleure ou plus heureuse conduite. Cette affaire m'embarrasse si fort que je ne puis vous écrire d'autre chose ; aussi que je m'assure que vous y ferez tout ce qui se peut, sans que je vous en mande rien**. Je vous donne le bonjour.

A Yartoil, œ la norembre 1637.

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