Après nous^ il y a verrons, biffe
9. Voyez ci-dessus, lettre 31, p. 53 et note 7. — Cet alinéa chiffré, tel qu'il est traduit dans Toriginal, a, pour accroître r obscurité, deux noms {Adamas et Pollux) pour Viole, deux (Astropol et Rosanire) pour Condé, lequel a déjà de même une double désignation [Astropol et Didon) dans la lettre 94 f P- 68. Si nous rapprochons la lettre 94 de cette lettre-ci et de la lettre 93, p. 69, nous trouvons aussi deux noms pour la Rochefoucauld : Diane et Florestant ; et, dans un autre chiffre (voyez ci-dessus, p. 958, note a), deux autres : M. Hesmond et M, de Beaulieu,
10. Ce qui suit, après le mot oblige, a été ajouté par Goorrille en haut des deuxième et troisième pages, à contre-sens de récriture du reste de la lettre.
et plus de cent à vous être plus acquis cpie personne du monde, et votre très-humble et très-obéissant serviteur. — G. M. de la Rochefoucauld va toujours de mieux en mieux, et vous fait mille compliments^*.
l8. LÀ DUCHESSE DE LA ROCHEFOUCAULD A LENET.
Ce 29* novembre [iGSa].
MONSIEUB,
La continuation de votre maladie me donne beaucoup de déplaisir* et très-grande curiosité de savoir de vos nouvelles.
II. Dans les Manuserits de Lenet^ d^où est tirée cette lettre, ainsi que tant d^autres de notre recueil, il 8*en trouve deux, autographes, écrites à Lenet par Honoré Courtin (voyez ci-dessus, p. 74, la note 8 de la lettre a6), qui, par leurs dates, 18 [septembre] et a octobre [i65a], se placent entre cette lettre 17 et la lettre i8. T/une est au tome VI, fol. i5 (elle a été insérée par M. Paulin Paris dans son commentaire de Tallemant des Réaux, tome Y, p. 3oa); Tautre est au tome X, fol. 11 et 19". Elles sont relative» aux dissensions de la petite cour du prince de Conty à Bordeaux, et très-vives contre Sarasin, secrétaire des commandements de ce prince, et protégé par Mme de Longueville. Il y est parlé de la Rochefoucauld comme étant très-irrité| lui aussi, contre Sarasin, que Courtin appelle un dangereux ennemi» a Je dis dangereux, ajoutet-il, à cause de la protection qu^l a {de Mme de Longueville) ; si elle lui manquoit, il ne seroit pas fort à craindre, et je pourrois tenir les manteaux ^ de MM. de la Rochefoucauld et de Guitaut, qui ont dessein de faire tomber quelque grêle sur ses épaules, v
Lbitbb 18. — Manuscrits de Lenet ^ tome X, fol. a44 ®t 24^9 ^^' tographe, sans suscription.
I. L^orthographe de la duchesse se dbtingue par cette liberté, alors si commune, dont les exemples abondent dans certaines de nos lettres : voyez, entre autres, la lettre 3 de cet appendice^ ci-
A La première n*a pas de suscription ; celle de la seconde est : « A Monsieur Monsieur TAiné, conseiller du Roi en ses conseils d'Élat et privé, à Bordeaux. »
^ Sur cette locution : « tenir les manteaux » de ceux qui commettent un acte de vî<JeBee et s*en rendre ainsi complice, le faciliter, comme saint Paul qui tMuit les manteaux des JuiCi lapidant saint Etienne, voyes le JHetionnaire de' M. lÀtiré^ à Tartiele MAirriAU, i*, et Texerople de Voltaire qui y est cité.
APPENDICE I. a69
C'est pourquoi j'ai ouvert la lettre que vous avez fait rhonneur d'écrire à M. de la Rochefoucauld, où je vois que vous ne vous lassez point de l'obliger, et, quoique vos propres maux soient très-grands, vous ne laissez pas de sentir ceux de vos serviteurs. En vérité, Monsieur, cela est bien extraordinaire, et il faut que votre vertu soit bien épurée, puisque Tachame* ment que Ton a contre M. de la Rochefoucauld et son malheur ne vous donne point plus mauvaise opinion de lui. Après répreuve d'une aussi longue persécution que celle qu'il souffre, je veux croire que le monde de votre cour ' se repentira quelque jour d'en user comme ils font, et il nous est bien avantageux que nos intérêts soient soutenus par une personne comme vous. Je ne prétends pas vous faire des compliments de tout le passé : je vous demande seulement la continuation de vos bontés.
J'envoirai votre lettre à M. de la Rochefoucauld, qui est bien près de Monsieur le Prince, s'il n'est déjà arrivé auprès de lui^ Vous avez bien su comme il a voit demandé une sûreté pour demeurer ici se faire traiter, ou un passe-port pour aller chez lui en attendant la saison de travailler à ses yeux ; mais l'on n'a pas jugé à propos de faire ni Tun ni l'autre sans qu'il signât l'amnistie*. Il a donc mieux aimé s'en aUer, avec un œil dont il ne voit pas à se conduire, et avec l'autre fort menacé du même mal, que de faire ce que la cour demandoit de lui ;
dessus, p. 33 1, note 3. Elle écrit : beaucouh de dsplesir ; quatre lignes plus bas, lessez, pour laissez ; puis soiet^ pour soU ; envoiré, pour enyoirai \ lamnestie^ pour Pamnistie ; penne, pour peine ; fally^ pour failli ; change et porte ^ pour changent et portent ; plaisent^ pour plaisant'^ cette état; ors^ pour hors,
a. La cour frondeuse de Bordeaux : voyez p. a68,la note ii de la lettre précédente.
3. Il était parti le vendredi aa novembre, huit jours avant la date de cette lettre-cî : voyez ci-dessus, les lettres 4o et 42, et particulièrement, p. 116 et 118, les notes 6 et 1 3 de la 4^"*
4. C'est-à-dire se soumit aux conditions imposées par la déclaration d'amnistie que le Roi avait envoyée de Compiègne immédiatement avant sa rentrée à Paris, laquelle avait eu lieu le ai octobre. Voyez les Mémoires de Mme de Mottenlle^ tome lY, p. 34 ; et Madame de LonguenlU pendant la Fronde^ p. 373 et 374.
et ce n'a pas été sans beaucoup de peine que ses amis lui ont fait avoir un passe-port pour aller joindre Monsieur le Prince. Enfin il Ta eu, et, après avoir eu la peine de se cacher une nuit dans Paris et en avoir passe une aux champs '^ sans se coucher, pour être phis prêt à se sauver, il est parti, et s'en va droit à l'armée de Son Altesse, où il séjournera deux jours au plus; de là, il ira à DamviUiers pour voir sa sœur', qui a failli à mourir. Il n'y sëjoumera que fort peu et prendra sa route à Bruxelles, en attendant que les choses changent ou qu'il soit en état de servir : car présentement une seule matinée de Inrouillard seroit capable de le rendre aveugle. Il a plus de coiffes et de bonnets que les vieilles n'en portent, et des lunettes avec des verres : enfin cela est plaisant de le voir équipé comme il est. Pour moi, j'ai toute la douleur que je puis avoir de l'avoir vu partir en cet état. Il a envoyé quérir mon fils ', qui n'aura pas été trop longtemps hors du service, puisqu'il n'y a pas deux mois que Monsieur le Prince est parti, et Monsieur son père ne l'avoit envoyé chez lui que pour lui donner un peu de repos, après une aussi rude campagne que celle qu'il avoit faite et une aussi grande maladie que celle qu'il a eue^. Je vous mande tout ce détail, Monsieur, parce que je suis persuadée que vous l'aurez agréable. Si je savois quelque nouvelle, je vous en ferois part ; mais je ne songe plus qu'à me retirer à la Rochefoucauld '. En quelque lieu que je sois, vous y aurez toujours.
Monsieur,
Une très-humble et très-affectionnée servante,
A. DE YlVONVE.