‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 228 sur 239 · A MALBASTIT · texte numérisé non relu

A MALBASTIT

Malbastit, je ne reçois pas vos excuses, tant pour ne me mander pas assez souvent des nouvelles du pays que pour la poursuite de l'affaire contre le sieur Cantals, où je trouve

Lbttbs 4* — Autographe.

Lbttbb 5. — La tignature et le post-scriptum seuls sont autographes. Fragment dVn cachet armorié sur cire rouge. La mention qui est faite dans cette lettre du maréchal de Schonberg proure qu'elle a été écrite avant le 6 juin i6S6, date de sa mort.

que TOUS allez trop lentement, et que le décret en devroit fttre fait à cette heure; et ces marchands de Paris qui ëtoient obligés de payer y vont bien plus vite, ayant fait saisir mes terres, et me faisant faire de grands frais qui tomberont sur eux*. C'est pourquoi vous ne perdrez pas une heure de temps à cette affaire, si vous voulez que j'aie de la satisÊiction de vous.

Je suis bien marri du mal que vous me mandez que la sécheresse a fait aux arbres qu'on avoit plantés et à ma vigne de musquard ^. S'il y reste quelque chose, il le faut bien conserver; et pour mon bâtiment, il le faut parachever; mais il n'y a rien de pressé, et je ne veux qu'on y emploie d'autre argent que celui que j'y ai destiné.

Je suis bien aise que le voyage que vous avez fait à Agen ait été utile pour mes terres^ et je m'assure qu'aux choses qui dépendront de M. le maréchal de Schonberg*, elles seront soulagées, et je lui en écris pour l'en prier encore. La récolte a été aussi médiocre en ce pays qu'au vôtre, et n'y a point de doute que les blés vaudront de l'argent cette ani^. J'écris à Bourdeaux^ pour la force que j'y ai, et je serai bien aise qu'on témoigne à M. le curé de Saint-Capraiz ' que je lui sais gré de ce qu'il en a écrit à Monsieur son frère.

Je suis votre meilleur ami,

La Rochefoucauld.

I. Sar les embarras d'argent du duo de la Rochefoucauld, Toyez la Notice biograpldque^ p. xlit et ltiii-lx.

a. G*est sans doute muscat qu*il faut lire : royez, à la page suivante, lettre 6 et note 3.

3. Voyez ci-dessus, p. laa, la note 4 de la lettre 46. Le maréchal Charles de Schonberg (dans Toriginal Chomhert) eut, après son père Henri, le gouvernement du Languedoc ; il s*en démit en 164a.

4. Dans Poriginal, Buordeaux, Le mot force qui suit signifie ce la force de blé » et est pris au sens de quantité quUl a dans la locution : force gens^ et dans celle-ci, qui se Rapproche davantage de notre exemple : a force palme et force laurier » (Malherbe, tome I, p. II 3).

5. Peut-être s*agU-il du curé de Téglise collégiale de Saint- Cuprais, aujourd'hui cathédrale, à Agen.

a86 LETTRES.

n faut nëcessairementy et sans y troinrer d'excuse, que tous m'envoyiez* un homme qui sache bien labourer et cultiver la terre. Je ne le garderai que tant qu'il voudra.

Ce dernier d*août, à Verteuil.

Suscripiion : À Malbastit.

Page 1