‹ Œuvres de LamartineChapitre 24 sur 145 · SUITE VE JÉHOVAH · texte numérisé non relu

SUITE VE JÉHOVAH

Hpurpui rœil éclairé de ce jour sans nuage, <iiii partout ici-bas le contemple et le lit ! H*un»ux le cœur épris de cette grande image. Toujours vide et trompé si Dieu ne le remplit I

Uj : pour celui-là seul la nature est sans ombre ! Fn Tain le temps se voile et recule les cieux : Lp ciel n'a point d*abtme et le temps point de nombre Qui le cache à ses yeux.

Pour qui ne l'y voit pas tout est nuit et mystères :

0\ alphabet de feu dans le ciel répandu

Lst semblable pour eux à ces vains caractères

I>fmt le sens, s'ils en ont, dans les temps s'est perdu.

U savant sous ses mains les retourne et les brise. Et dit : « Ce n'est qu'un jeu d'un art capricieux. » Et a*nt fois en tombant, ces lettres qu'il méprise DViif's-mOme ont écrit le nom mystérieux l

\lais celte langue, en vain par les temps t^n*e. Se lit hier comme aujoimi'hui;

i^ar elle n'a qu'un nom sous sa lettre sacit'e : Lui seul ! Lui partout ! toujours Lui !

Qu'il est doux, pour l'àme qui pense Et flotte clans l'immensité Entre le doute et l'espérance, La lumière et l'oliscurilé.

De \oir celle idée éternelle Luire sans cesse au-dessus d'elle Comme une étoile aux feu\ constants, La consoler sous ses nuages.

Et lui montrer les deux rivages Blanchis de Técume du temps!

En \ain les vagues des années

Roulent dans leur flux et reflux

Les croyances abandonnées

El les empires révolus;

En vain l'opinion qui lutte

Dans son triomphe ou dans sa chute

Entraîne un monde à son dinrlin;

Elle brille sur sa ruine.

Et l'histoire qu'elle illumine

Ravit son mvstére au destin!

Elle est la science du sage.

Elle est la foi de la \ertu.

Le soutien du faible, et le gage Pour qui le juste a combattu !

En elle la vie a son juge Et l'infortune son refuge, Et la douleur se n^ouit.

Inique clef du grand m} stère, Otez cette idée à la terre.

Et la raison s'é\anouit!

ET RELIGIEUSES. Ml

Cepeadant le monde, qu'oublie L'âme absorbée en son auteur, •\ccuse sa foi de folie Et lui reproche son bonheur :

Pareil à Foiseau des ténèbres Qui, charmé des lueurs funèbres.

Reproche à Toiseau du matin De croire au jour qui vient d'éclore, Et ëe planer devant l'aurore.

Enivré du rayon divin.

Mats qu'importe à l'âme qu'inonde Ce jour que rien ne peut voiler?

Elle laisse rouler le monde Sans l'entendre et sans s'y mêler.

Telle une perle de rosée.

Que fait jaillir l'onde brisée Sur des rochers retentissants, Y sèche pure et virginale.

Et seule dans les cieux s'exhale Uec la lumière et l'encens.

f nt^ à Ui même date et au même lieu : Florence, 1826.

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