LETTRE A M. LÉON BRUYS DOUILLY
nous ne pouvions rien, nous n'étions qu'un grain de sable; » il nous dira : « J'avais mis devant vous, de votre temps, les deux bassins d'une balance où se pesaient les destinées de l'humanité : dans l'un était le bien, dans l'autre était le mal. Vous n'étiez qu'un grain de sable, sans doute; mais qui vous dit que ce grain de sable n'eût pas fait incliner la balance de mon côté? Vous aviez une intelligence pourvoir, une conscience pour choisir; vous deviez mettre ce grain de sable dans l'un ou dans l'autre ; vous ne l'avez mis nulle part. Que le vent l'emporte ! il n'a servi ni à vous ni à vos frères. »
Je ne veux pas, mon cher ami, me faire en mourant cette triste réponse de l'égoïsme, et voilà pourquoi je termine à la hâte ce griffonnage et je vous dis adieu.
Mais je m'aperçois que cette lettre a vingt pages ; tant pis : il est trop tard pour la recommencer.
M. Charles Gosselin me demande un avertissement; si cette lettre est trop longue pour une lettre, faites-en une préface. Cela ne se lit pas.