‹ Œuvres de Le Sage (volume 2)Chapitre 233 sur 236 · CHAPITRE LXXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXII

Pcir cjud événement le projet de don Manuel et de don Uicru/nn ne fut point exécuté. Don Juan de Sahedo est fait corrégidor de la ville d'Alcaraz.

Jespérois, ou plutôt je ne doutois nullement que Ped rilla ne vînt à bout de persuader les dames, et déjà je cherchpis un bel hôtel qui fût à vendre; mais e’étoit m embarrasser d’un soin inutile , comme vous allez 1 entendre. Ln jour que le comte de Gelves avoit été voir le premier ministre, il s’enferma dans son cabinet avec Salzedo, auquel adressant la parole : Don Juan, lui dil-d , vous allez être surpris de ce que j'ai à vous dire. Je reviens de chez le comte-duc, avec qui j’ai eu un entretien qui a roulé sur vous. Comte, în’a-t-il dit, vous avez auprès de vous un homme qui ne m’est point agréable; c’est don Juan de Salzedo. Il a été secrétaire du duc de Lerme, et ensuite du duc d’Uzède; en un mot, c’est une créature de la maison de Sandoval. Je* croîs que c’est vous en dire assez pour vous obliger à Le Bachelier

4x8 LE BACHELIER DE SALAMANQUE, vous en défaire. Mais comme je sais qu'il vous est cher, et qu'il mérite d’étre récompensé des services qu il a rendus à l'état, le roi le fait eorrégidor de la ville d’Alcaraz, dans la Castille nouvelle.

Vous connoissez ce ministre, continua le grand écuyer. Vous savez que c’est un esprit plein de caprices, et qui veut absolument tout ce qu’il veut. Si, ne consultant que mon amitié pour vous, je refusois de le satisfaire, il faudroit me résoudre à me brouiller avec lui pour jamais : ce qui pourroit avoir de fâcheuses suites pour moi; car il est dangereux d’avoir pour ennemi un ministre qui gouverne la monarchie et le monarque.

Je suis fâché de vous perdre, ajouta-t-il, mais il faut que nous nous séparions. Vous le voyez bien , c’est une nécessité. Seigneur, lui dit Salzedo, je n’ai rien à répondre à cela. 11 n’est pas juste que vous vous brouilliez pour si peu de chose avec un homme qui peut tout. A l’ égard de la charge dont on veut m'honorer, je puis m’en passer, de même cjue de tout autre poste, étant, grâce à vos bontés, dans une situation qui ne me laisse rien à désirer. JNéanmoins, j ai des raisons pour 11e la pas refuser. Alcaraz est une ville fort connue de mon gendre. Il y a sa famille et des amis qui mettront tout en usage pour m’en rendre le séjour agréable. Puisqu il faut que je m éloigne de Madrid et de votre excellence, c’est une consolation pour moi qu 011 111 envoie dans l’endroit d’Espagne que je choisirois pour ma retraite. Cela 111e fait plaisir, reprit le comte : si j ai le chagrin de ne plus vous voir, du moins j’aurai la satislaetion de vous croire heureux.

Après cet entretien, don Juan vint 111e trouver. Il y

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a bien des nouvelles, ,nc dit-il. . . fW temps il „u.

raconta ce ,,uc le grand écuyer vcnoitde lu, dire. Knsuitc d me demanda ce quejen pensois. Il ,„o paraît, lui r,L pond, s-je, que le comte craint fort de perdre les l„,m,0.. grâces du prem.er u.mistre, cl qu'il serait l.om.ue î, sacr, fier tout a sa cran, le. Au reste nous devons nous , ejomr de cet événement. Il y j, long-temps que la seule COU, pla, sauce nous attache à ce seigneur; et puisqu'il nous donne lui-même une occasion de le quitter avec Honneur, saisissons-la brusquement. Partons pour Aléa raz le plus tôt qu’il nous sera possible. Allons joindre

Cl°n (jrCS°‘'1° don Manuel , mes beaux-frères, ils seront ravis, ainsi que leurs épouses, de voir grossir eur société par trois sujets qui ne la rendront pas plus ennuyeuse Je vais, si vous le trouvez bon, envoyer des aujourd luu un exprès à don Manuel , pour l'avertir qu ayant ete gratifié par le roi de la charge de corréguloi d Alcaraz , vous vous disposez à partir pour en ■•lier prendre possession. Il sera charmé de cet avis; car je suis assuré qu’il aimera mieux se préparer à nous t ecev(),r c ans cette ville , qu’à venir demeurera Madrid Mon beau-père ne m’eut pas plutôt témoigné qu’il eto.t prêt a me suivre, que je dépêchai un courrier à « "Ha Pour I informer de notre dessein; et, dans la >( qo< je ui écrivis, je lui marquois que nous pas

serions par Cuenca.

420 l.E BACHELIER DE SALAMANQUE.

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