M. ROI. U S
C'étoit une union parfaite que la nôtre.
Contez, contez-nous cela, s'il vous plaît, monsieur bûlus : c’est ma folie que d’entendre parler de bons ménages; ils sont si rares!
M. RO lu s.
Madame lîolus avoil pour moi une affection toute cordiale.
F R O SINE
Vous la méritiez bien, vraiment.
3o “L A TONTINE.
M. BOLUS
De mon coté, pour correspondre à sa tendresse, j’avois un soin tout particulier de sa santé. Je n’attendois pas qu’elle fût malade pour lui bailler des remèdes; tous les jours, par précaution, je lui faisois prendre quelque médecine.
FROSINE
Le charmant petit homme !
M. BOLUS
Dès qu’elle avoit le moindre mal, je redouhlois mes soins et mes recettes. Hélas! la pauvre femme! elle n’a pas vécu long-temps.
FROSINE
Je le crois bien.
M. BOLUS
Elle étoit d’une complexion trop délicate ; mais si elle est morte, je vous proteste que ce n’est pas faute de remèdes.
Non ; c’est plutôt la faute des remèdes.
M. BOLUS
Tant qu’il lui est resté un souffle de vie, je ne lui ai point épargné les drogues de ma boutique.
FROSINE
Ab! Mademoiselle, quel mari !
MARIANNE
Il est bien digne des sentiments que j’ai conçus pour lui.
M. BOLUS
Vous me flattez , mon ange.