‹ Œuvres de Le Sage (volume 4)Chapitre 27 sur 191 · M. ROI. U S · texte numérisé non relu

M. ROI. U S

C'étoit une union parfaite que la nôtre.

Contez, contez-nous cela, s'il vous plaît, monsieur bûlus : c’est ma folie que d’entendre parler de bons ménages; ils sont si rares!

M. RO lu s.

Madame lîolus avoil pour moi une affection toute cordiale.

F R O SINE

Vous la méritiez bien, vraiment.

3o “L A TONTINE.

M. BOLUS

De mon coté, pour correspondre à sa tendresse, j’avois un soin tout particulier de sa santé. Je n’attendois pas qu’elle fût malade pour lui bailler des remèdes; tous les jours, par précaution, je lui faisois prendre quelque médecine.

FROSINE

Le charmant petit homme !

M. BOLUS

Dès qu’elle avoit le moindre mal, je redouhlois mes soins et mes recettes. Hélas! la pauvre femme! elle n’a pas vécu long-temps.

FROSINE

Je le crois bien.

M. BOLUS

Elle étoit d’une complexion trop délicate ; mais si elle est morte, je vous proteste que ce n’est pas faute de remèdes.

Non ; c’est plutôt la faute des remèdes.

M. BOLUS

Tant qu’il lui est resté un souffle de vie, je ne lui ai point épargné les drogues de ma boutique.

FROSINE

Ab! Mademoiselle, quel mari !

MARIANNE

Il est bien digne des sentiments que j’ai conçus pour lui.

M. BOLUS

Vous me flattez , mon ange.

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