ACTE I, SCÈNE I. Tu
Mais, depuis qu'il est parti pour Lyon, les choses sont changées; s'il aime Angélique, je le plains, son père est son rival. En un mot, j'ai donné ma parole à M. Damis; il épousera demain ma fille; cela est arrêté entre nous.
LISETTE lins.
J’enrage.
A R AMIN T E
Un si bon mariage est une occasion qu'il faut saisir.
LISETTE
Belle occasion, ma foi, que l'emplette d’un mari sexagénaire! Ne vaut-il pas mieux attendre quelque chose de meilleur pour une fille de dix-sept ans?
Après dix-sept ans, il en viendra dix-huit, vingt, vingt -cinq et trente. Les belles années s’échappent avec tant de vitesse! Il ne faut donc pas perdre de temps, et j’exige de ton zèle que tu conseilles à ma fille d’obéir avec joie.
LISETTE
Non, Madame, je ne lui conseillerai point d’épouser un vieux fou qui la rendroit malheureuse. Car enfin c’est la conformité d’âge qui fait celle des humeurs; celle des humeurs fait celle des passions; celle des passions fait la liaison des cœurs; et la liaison des cœurs fait le bonheur de la vie.