‹ Œuvres de Le Sage (volume 4)Chapitre 64 sur 191 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

deux! Eraste , Angélique, l’un et l’autre nous sont infidèles.

CLÉAN T K.

Prenez garde, Madame.

LUC ILE

Eraste aime Angélique. Il en est aimé. Ils sont sur le point de s’épouser.

CLÉ AN T E

Mais , Madame ?

LUC I LE

Vous avez peine, je le vois, à croire une si grande perfidie, et je voudrois bien en pouvoir douter : mais c’est un fait constant, j'ai surpris Eraste aux genoux d’Araminte. Le traître laconjuroit, par les expressions les plus tendres et les plus passionnées, de l’accepter pour gendre.

CLÉANTE

Pour gendre!

LU CI LE

C’est ce que j'ai vu et entendu.

CLÉANTE

Ciel! et Angélique?

LUC ILE

Angélique, par une contenance également tendre et embarrassée, faisoit assez voir qu elle attendoit son bonheur de l'aveu de sa mère.

CLÉANT E.

Cette nouvelle m’accable.

J’en suis peruadée. J’ai senti votre peine comme la mienne; et pour notre intérêt commun je n’ai pu retenir mon courroux.

7b LES AMANTS JALOUX

CLÉ ANTE

Je n’en aurois pas moins fait. Cependant, Madame, mon père aime aussi Angélique. Il l’a demandée, et mon valet vient de me dire qu elle lui étoit promise. Comment accorder tout cela?

lu ci LE.

Bien n’est plus facile. Voilà justement ce qui engageoit nos perfides à se déclarer lorsque je suis survenue.

CL É ANTE

Vous pensez juste.

LU Cl LE.

La recherche de monsieur votre père a hâté leur démarche.

CLÉANTE

Oui, Madame, cela me paroit plus clair que le jour; mais leurs vœux 11e sont pas encore remplis. Nous y mettrons quelque obstacle, je vous en réponds.

LUCILE

J’ai déjà averti la mère, qu’Eraste n’étoit pas un homme sur lequel elle eût à faire beaucoup de fonds.

CLÉANTE

J’ai un moyen plus sûr de nous venger tous deux, puisque Araminte consent que mon père épouse Angélique, il l’épousera.

LUCILE

Quoi, Monsieur, vous pourriez céder...

CLÉANTE

Quoi, céder? Une volage que je dois haïr. Oui, Madame, je la cède à mon père. Puisqu’elle a été capable d’écouter Eraste, puisqu’ils s’aiment, je me fais un plaisir de les séparer.

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