‹ Œuvres de Le Sage (volume 4)Chapitre 7 sur 191 · SCÈNE Y · texte numérisé non relu

SCÈNE Y

M. BOL U S

C’est un Pérou que nous avons là.

M. T R O U s S J - G A I, A N T à Ambroise.

Parle, Ambroise, dis-moi, hier au soir, lorsque lu te mis au lit, fus-tu long-temps sans t’endormir?

D'abord que j’eus la télé sur le chevet, crac, je m'assoupis.

j\I. bol u s.

Sommeil aisé.

AMBROISE

Et je ne me suis réveillé que fort tard ce matin.

M. TROUSSE-GALANT

Et profond; avec un appétit toujours égal, et que j’ai soin de soumettre aux règles de la sobriété.

AMBROISE

Oh! pour cela, monsieur le docteur, vous me faites vivre bien sobrement... (il bâille.)

M. TROUSSE-GALANT

Comme il baille! Hom ! ce bâillement ne signifie rien de bon. Cela dénote une plénitude de vaisseaux, la tension des muscles, l’extension du diaphragme avec un épanchement irrégulier des esprits animaux. Il faut remedier à ce dérangement par une copieuse saignée.

AMBROISE d’un ton pleureur.

Encore une saignée, miséricorde!

M. TROUSSE-GALANT

Pr écédée d’un lavement composé de plantes émollientes, pour empêcher que les sucs grossiers ne succèdent au sang que l’on doit tirer. Allez vite, monsieui

ï2 LA TONTINE.

Bolus; préparez vous-même ee clystère, et l’apportez.

M. BOLUS

Je serai bientôt de retour.

Le plus tôt qu’il vous sera possible. L’affaire est sérieuse, et veut de la diligence.

(M. Bolus sort.)

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