ACTE II, SCÈNE IX. <P
J’étois bien aise de connoître jusqu à quel point vous êtes sensible à certaine chose.
D AMIS le frappant.
Voilà qui t’apprendra la sensibilité des épaules.
CLÉ ANTE arrêtant son père.
Mon père ! .
Monsieur! .
DA MIS
Menteur! tu nie dirois à présent les choses les plus véritables que je ne te croirois point.
LOLIVE.
Vous n’auriez pas raison.
Je serai désormais en garde contre tout ce qui viendra de ta part.
LOLIVE.
N'en jurez pas.
D A MIS
Tu es bien heureux que Madame et mon fils intercèdent pour toi , et qu’au fond je sois de bonne humeur. Car je me marie, Madame, et j’ose ajouter que je serai le plus fortuné de tous les époux. Je sors de chez Araminte, comblé des caresses d’Angélique.
LUC ILE
Vous les méritez bien, Monsieur.
D AMIS
J’ai été si charmé des marques d’amitié qu’elle m’a données, que voilà un dédit de vingt mille francs que j ai voulu signer par galanterie, par pure galanterie.
ÿG LES AMANTS JALOUX.
LOLIVE bas.
Bon, surcroît d’embarras! (haut.) Mais, Monsieur, ce n’est point assez d’avoir fait vos affaires, il faut aussi ([ue vous fassiez celles de monsieur votre fils. Il adore la charmante Lucile, il en est aimé : ils brûlent tous deux d’envie d’être unis.
D AMIS
C’est trop d’honneur pour Cléante, Madame; mais je n’ai rien à lui donner en le mariant.
LOLIVE.
Oh, l’intérêt ne gouverne pas les cœurs tendres!
JD AMIS.
Sur ce pied-là, je parlerai dès aujourd’hui à monsieur votre père. Nous étions grands amis autrefois. Il est riche, monsieur votre père; il doit vous donner une dot considérable.
LOLIVE.
Vous n’en devez pas douter.
Hé bien, hé bien, je lui parlerai, je vous le promets. Je vais faire accepter ma lettre de change, et tout de suite je songe à vous, je songe à vous. Des deux noces nous n’en ferons qu’une.
( Il sort. )
LOLIVE.
Ce sera autant d’épargné.