CHAPITRE AI
Gil B las , en se promenant dans les rues de Valence , rencontre un religieux qu'il croit reconnaître ; quel homme c était que ce religieux.
Deux parfaits hypocrites.
Comme je n’avois pu voir toute la ville le jour précédent, je me levai et je sortis le lendemain dans 1 intention de m’y promener encore. J’aperçus dans la rue un chartreux qui sans doute alloit vaquer aux affaires de sa communauté. 11 marchoit les yeux baissés, et il avoit l’air si dévot, qu’il s’atliroit les regards de tout le monde. Il passa fort près de moi, et je crus voir en lui don Raphaël, cet aventurier qui tient une place si
1 II faut tâcher de n’étre injuste envers personne. On pouvoit, je crois, rendre hommage au sublime Corneille et au moelleux Racine, sans appeler Voltaire d’un nom injurieux, et se hâter de prononcer, comme l’a lait Le Sage, que ce •vendeur de thériaque serait bien heureux si ta postérité entendait parler de lai !