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vint me trouver clans mon cabinet , où je Pattendois avec une impatience mêlée de crainte. Il avoit un air gai dont je tirai un bon augure. Si j’en crois, lui disje, ton visage riant, tu viens m’annoncer que je serai bientôt au comble de mes désirs. ( )ui , mon cber maître, me répond ît-il , tout vous rit. .1 ai entretenu Basile et sa lille ; je leur ai déclaré vos intentions. Le père est
ravi que vous ayez envie d être .son gendre; et je puis vous assurer que vous êtes du goût d’Antonia. O ciel !
interrompis-je tout transporté de joie; quoi! j aurais le bonheur de plaire à cette aimable personne? TNr'en doutez pas, reprit-il, elle vous aime déjà. Je n’ai pas, a la vérité, tiré cct.aveu de sa bouche; mais je m’en lie a la gaieté qu elle a fait paraître quand elle a su votre
dessein. Cependant, poursuivit- il , vous avez un rival. Lu rival! m’écriai-je en pâlissant. Que cela ne vous alai nie point, me dit— il , ce rival ne vous enlèvera point le cœur de votre maîtresse ; c’est maître Joachim votre cuisinier. Ab! lependard, dis-je en faisant un éclat de rire; voila donc pourquoi il a marqué tant de répugnance a quitter mon service ! Justement , répondit Scipion , il a ces jours passés demandé en mariage Antonia, qui lui a été poliment refusée. Sauf ton meilleur avis, lui répliquai-je, il est à propos, ce me semble, de nous défaire de ce drôle -là avant qu’il apprenne que je veux épouser la fille de Basile: un cuisinier, comme tu sais, est un rival dangereux. \ ous avez raison, repartit mon confident, il faut en purger notre domestique par précaution; je lui donnerai son conge dès demain matin, avant qu’il se mette à l’ouvrage, et vous n’aurez plus rien à craindre ni de scs sauces
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ni de son amour. Je suis pourtant , continua-t-il , un peu fâché de perdre un si bon cuisinier, mais je sacrifie ma gourmandise à votre sûreté. Tu ne dois pas, lui dis-je, tant le regretter; sa perte n’est point irréparable; je vais faire venir de Valence un cuisinier qui le vaudra bien. En effet j’écrivis aussitôt à don Alphonse ; je lui mandai que j'avois besoin d'un cuisinier, et dès le jour suivant il m’en envoya un qui consola d’abord Scipion.
Quoique ce zélé secrétaire m’eût dit qu’il s'étoit aperçu qu’Antonia s’applaudissoit au fond de son âme d’avoir fait la conquête de son seigneur, je n’osois me fier à son rapport. J’apprébendois qu’il ne se fût laissé tromper par de fausses apparences. Pour en être plus sûr, je résolus de parler moi-même à la belle Antonia. Dans ce dessein, je me rendis chez Basile, à qui je confirmai ce que mon ambassadeur lui avoit dit. Ce bon laboureur, homme simple et plein de franchise , après m’avoir écouté, me témoigna que c’éloit avec une extrême satisfaction qu'il m’accordoit sa fille; mais, ajouta-t-il, ne croyez pas au moins que ce soit à cause de votre titre de seigneur de village. Quand vous ne seriez encore qu’intendant de don César et de don Alphonse, je vous préférerais à tous les autres amoureux (pii se présenteraient; j'ai toujours eu de l'inclination pour vous; et tout ce qui me fâche, c'est (pi" \ntonia n’ait pas une grosse dot à vous apporter. Je ne lui en demande aucune, lui dis-je, sa personne est le seul bien où j’aspire. Votre serviteur très humble, s’écria-t-il , ce n’est point là mon compte; je ne suis point un gueux pour marier ainsi ma fille. Basile de