‹ Œuvres de Le SageChapitre 243 sur 262 · Y RK \ 1 1 , Cil A l · texte numérisé non relu

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suivant toutes les apparences, il alloil devenir premier ministre. De toutes les choses chagrinantes «pic mon maître apprit, celle qui parut l'affliger davantage fut le changement «pii se lit dans la vice-royauté de Naples, que la cour, pour le mortifier seulement, ôta au due «le Médina de las Torrès, qu il aimoit, pour la donnera 1 amirauté de Castille, cpi il avoit toujours haï.

( )n peut dire que, pendant trois mois, monseigneur ne sentit dans la solitude que trouble et que chagrin; mais son confesseur, qui ctoit un religieux de l’ordre «le Saint-Dominique, et qui joignoit à une solide piété une male éloquence, eut le pouvoir de le consoler. A force de lui représenter avec énergie qu'il ne devoit plus penser qu'à son salut, il eut, avec le secours de la grâce, le bonheur de détacher son esprit de la cour. Son excellence ne voulut plus savoir de nouvelles de Madrid, et n eut plus d’autre soin que de se disposer a bien mourir. Madame d’Olivarès, de son côté, faisant un assez bon usage de sa retraite, trouva dans le couvent dont elle étoil fondatrice une consolation préparée par la Providence : il y eut, parmi les religieuses, de saintes filles dont les discours pleins d'onction tournèrent insensiblement en douceur l’amertume de sa vie. A mesure que mon maître détournoit sa pensée des affaires du monde, il devenoitplus tranquille. Voici de quelle manière il régloit sa journée : il passoit presque toute la matinée à entendre des messes dans l’église des religieuses, ensuite il revenoit dîner; après quoi il samusoit, pendant deux heures, à jouer à toutes sortes de jeux avec moi et quelques-uns de ses plus affectionnés domestiques; puis il se ret i roi t ordinairement tout seul

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dans son cabinet, où il demeuroit jusqu’au coucher du soleil; alors il faisoit le tour de son jardin, ou bien il ulloit en carrosse se promener aux environs de son château, accompagné tantôt de son confesseur, et tantôt de moi.

Un jour que j'étois seul avec lui, et que j’admirois la sérénité qui brilloit sur son visage , je pris la liberté de lui dire : Monseigneur, permettez -moi de laisser éclater ma joie ; à l’air de satisfaction que je vous vois , je juge que votre excellence commence à s’accoutumer à la retraite. J’y suis déjà tout accoutumé, me répondit-il; et, quoique je sois depuis long-temps dans l'habitude de m’occuper d’affaires, je te proteste, mon enfant, que je prends de jour en jour plus de goût à la vie douce et paisible que je mène ici.

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