‹ Œuvres de Le SageChapitre 31 sur 262 · LIVRE Vil, (.UAP. IX · texte numérisé non relu

LIVRE Vil, (.UAP. IX

•.les observations sur vos traits; voyons a présent votre main. Je la lui présentai avec une confiance qui ne me fera guère d'honneur dans l’esprit de quelques lecteurs, qui peut-être à ma place en auroient fait aillant, il l’examina fort attentivement, et dit ensuite avec enthousiasme : Ah! que de passages de la douleur à la joie, et de la joie à la douleur! Quelle succession bizarre de disgrâces et de prospérités! Mais vous avez déjà éprouvé une grande partie de ces alternatives de fortune. Il ne vous reste plus guère de malheurs à essuyer, et un seigneur vous fera une agréable destinée qui ne ' sera point sujette au changement.

Après m’avoir assuré que je pouvois compter sur cette prédiction, il me dit adieu, et sortit de l’auberge, où il me laissa fort occupé des choses que je venois d’entendre. Je ne doutois point que le marquis de Marialvane fût le seigneur en question; et par conséquent rien 11e me paroissoit plus possible que l’accomplissement de la prédiction. Mais quand je n’v aurois pas vu la moindre apparence, cela ne m’eût point empêché de donner au faux moine une entière créance, tant il s’etoit acquis, par son élixir, d’autorité sur mon esprit. De mon côté, pour avancer le bonheur qui m’étoit prédit, je résolus de m’attacher au marquis plus que je n’avoisfait à aucun de mes maîtres. Ayant pris cette resolution, je me retirai à notre hôtel avec une gaieté que je ne puis exprimer; jamais femme n’est sortie si contente de chez une devineresse.

G I L B LA. s'

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