‹ uvres de Louise LabéChapitre 16 sur 46 · PRIVILEGE DV ROY · texte numérisé non relu

PRIVILEGE DV ROY

mer ne faire Imprimer, vendre ne faire vendre S* dijîrihuer ledit Lime cy dejjus déchiré, fans le vouloir & confentement de ladite fupliante, & de celui â qui premièrement elle en aura donné la charge, dans le tems de cinq ans confecutifs, faits & acomplis : commençans au iour & date que ledit Hure fera acheué d'imprimer, fans qu'il fait libre à autres Imprimeurs ou Libraires, & autres perfonnes quels qu'ils foient, & pour quelque imprejjîon que ce fait :foit grande ou petite forme, les pouuoir imprimer ou faire imprimer, &• expofer en vente, fnon de ceus que ladite fupliante aura fait ou fera faire imprimer, que lefdis cinq ans ne foient expire^, fini-[ & accomplis. Et ce, fur peine de confifcacion defdis Liures, 6" d'amende arbitraire. De ce faire vous auons donné pouuoir & mandement fpecial par ces pref entes. Mandons & commandons à tous nos lujliciers, Officiers & fugets, que à vous cefaifant fait obéi : car tel ejî notre plaijîr. Donné à Fonteinebleau le xiii iour de Mars, L'an de grâce mile cinq cens cinquante quatre. Et de notre règne le \i\\.

Par le Roy en fon confeil.

Robillart.

DE LOVÏZE LABF

Iv nom de Dieu, amen. A tous ceux qui ces prefentes lettres verront, Nous garde du fcel commun royal eflabli aux contrafts du bailliage de Mafcon & fenechaufTee de Lyon, fçauoir faifons que par deuant Pierre de la Forefl, notaire Se tabellion royal à Lyon defToubs figné, &. en prefence des tefmoins aprez nommez, n eflé prefente dame Loyfe Charlin dite Labé, veuue de feu fire Ennemond Perrin, en fon viuant bourgeois

l66 TESTAMENT

citoyen habitant à Lyon, laquelle faifant de fon bon gré & ame pieuTe & pure volonté, fans force ni contrainte, mais de fa libérale volonté, confiderant qu'il n'efl rien fi certain que la mort ni moins incertain que l'heure d'iceile, ne voulant de ce monde décéder fans tefler & ordonner des biens qu'il a plu à Dieu lui donner en ce mortel monde, afin que, aprez fon decez &. trefpas, différend n'en aduieniie entre fes fucceffeurs: à ces caufes & aultres confiderations à ce la mouuant, ladite teflatrice, aprez auoir reuoqué comme elle reuoque, caffe &. adnulle tous &. chacuns fes aultres teftaments qu'elle pourroit auoir fait de bouche ou par efcript, &. aprez auoir déclaré comme elle déclare que ce prefent fon teflament foit valable par forme de teflament nuncupatif, teftament folempnel, par forme de codicile, donation à caufe de mort &. aultrement comme mieulx il pourra &. debura valoir félon les droits, loix canoniques & aultres us & couRumes introduises en faueur des teftateurs, a fait fon teftament &. ordonnance de dernière vdlonté de tous & chacuns fes biens meubles &• immeubles prefents &. aduenir quelconques, en la forme £6 manière qui s'en fuit: & premièrement ladite teftatrice, comme bonne &. loyale chreftienne, a recommandé fon ame à Dieu le créateur, le priant, par la mort &. paflîon de fon feul fils lefus Chrift, recepuoir fon ame, & la coUoquer en fon royaume de Paradis, par l'interceffion de fa treffacree mère, faints &. faintes, & pour à ce parueni&s'eft munie du feing de la croix t, difant : Au nom du Père, du Fils &• du Saint

DE LOVIZE LABE 1 67

Efprit. Item, ladite teftatrice, en cas qu'elle decede en cette ville de Lyon, edit la fepulture de fon corps en l'eglife de N.-D. de Confort, & ou décédera ailleurs, veult eflre enterrée en la paroifle du lieu ou elle décédera, & veult eflre enterrée fans pompe ni fuperftitions, à fçauoir de nuift, à la lanterne, accompagnée de quatre preflres, outre les porteurs de fon corps, &• ordonne eflre dites en l'eglife du lieu ou elle décédera, une grande meffe à diacre & foubfdiacre, & cent petites méfies continuellement iufques à huit iours après fon decez, &. veult que femblable feruice foit fait l'an reuolu de fon decez & donne à l'eglife ou elle fera enterrée la fomme de loo liures pour une fois, à fçauoir 25 liures pour faire lefdits feruices, &t le relie pour employer en réparations, laquelle fomme elle veult eflre payée auxdits defieruiteurs, à fçauoir i3 liures 10 fols après fon decez, aultres 12 liures 10 fols pour ledit feruice, auec le furplus defdites 100 liures pour lefdites réparations, dans l'an aprez fon decez que ledit feruice fera fait. Item, ladite teftatrice, efmeue de deuotion, a doté, fondé & légué à ladite eglife de Parcieu en Dombes une penfion annuelle & perpétuelle d'une afnee vin & une mefure bled froment bon, pur & marchand, mefure dudit lieu, laquelle penfion elle impofe fur fa grange & tenement qu'elle a audit lieu de Parcieu en Dombes, & veult eftre payée aus S" defferuiteurs par chacun an, à chacune fefte de S. Martin d'hiuer, à commencer à la prochaine fefte de S. Martin aprez le decez de ladite teftatrice, à la charge que lef-

l'îS TESTAMENT

dits defferuiteurs & leurs fucceffeurs feront tenus dire & célébrer perpétuellement, ou par chacune femaine, une meffe baffe en ladite eglife, à fon intention, & de fes parents &• amys, à commencer dans la femaine aprez fon decez. Item, ladite teftatrice, pour charité, pitié, aumofne, a légué &. donné aux pauures la fomme de 1 ,000 liures de fonds, auec les dons au proufit de cinq pour cent ou aultre proufit qu'il plaira au roy donner à caufe de ladite fomme, &. icelle prendra fur le crédit de plus grand somme qu'elle a au grand party du roy foubs le nom du S' Thomas Fortin (ou Fourtin), &. duquel elle a cedulle, lequel crédit doibt eftre alTîgné fur la ville de Rouan à raifon de cinq pour cent, laquelle fomme de fonds ou dons & reuenus ladite teftatrice veult eftre diftribuee aux pauures par ledit Fortin, lequel elle prie d'en prendre la charge, &■ aprez le decez d'iceluy Fortin, &. ou ladite fomme par lui n'auroit pas efté diftribuee, en laiffe la charge aux refteurs de l'Aumofne générale de cette ville de Lyon, ainfy que lefdits Fortin &. refteurs verront eftre plus charitable. Item, ladite teftatrice a donné & légué, pour aider à marier trois pauures filles, à chacune la fomme de 5 G liures tournois à prendre fur les premiers deniers de la rente du refte de fondit crédit du roy, en laiffant la nomination 8t efteftion, diftribution & deliurance defdits deniers, ladite teftatrice en laiffe la charge aux fleurs redleurs de l'Aumofne générale de Lyon. Item, ladite teftatrice a donné &. prelegué en principut &. aduantage à Pierre Charly dit Labé fon nepueu & l'un de fes heri-

DEIOVIZELABE. 169

tiers aprez nommez, le refle des deniers, que icelle teflatrice a audit grand party fous le nom dudit S' Thomas Fortin, qui eft tout ce qui refte, defduit les i,ooo liures léguées auxdits pauures & les 150 liures tournois pour les dons léguez pour marier pauures filles, pour dudit relie d'iceluy crédit, tant de principal que de dons, faire & difpofer par ledit Pierre Charly comme de fa chofe propre, &. fans qu'il foit tenu le rapporter ou conférer à la maffe d'hoyrie de ladite teflatrice auec fes héritiers ou cohéritiers, le faifant en ce fon héritier particulier. Item , ladite teflatrice donne &• lègue à quatre filles d'un nommé Villard de Parcieu fon voifin, à chacune d'elles une robbe iufques à 5 liures tournois, lefquelles leur veult eftre deliurees ou elles furuiuront à ladite teflatrice, incontinent aprez fon decez & trefpas, pour une fois, &. non aultrement. Item, ladite teflatrice donne &. lègue à Antoinette, femme de Pierre Valiant tifTotier, iadis feruante de ladite teflatrice, la somme de 100 liures tournois, laquelle luy veult eflre payée pour une fois aprez le decez de ladite teflatrice. Item, donne & lègue icelle teflatrice à une fienne chambrière qu'elle a dit eflre nommée Pernette, ieune fille, la fomme de 50 liures, laquelle luy veult eflre payée pour une fois lorfqu'elle fera mariée, St cas demeurant que ladite Pernette decedafl fans eflre mariée, donne & lègue ladite fomme aux pauures à la nomination dudit Fortin, &. aprez luy, defdits refteurs. Item, donne &. lègue icelle teflatrice à aultre Pernette fa vieille chambrière qu'elle tient à la I. 8

grange de Parcieu, une penfion viagère de lo liures, d'un poinçon de trois afnees de vin & d'une afnee bled froment, le tout bon, pur, net & marchand, mefure dudit lieu, laquelle veult eftre payée à ladite Pernette, & tant qu'elle viura, par fefdits héritiers & fubflituez aprez nommez, par chacun an, à commencer aprez le decez d'icelle teftatrice: déclarant icelle teftatrice auoir I 8 liures tournois appartenant à ladite Pernette, tant pour refle de fes gages que deniers qu'elle lui a baillez en garde, laquelle fomme lui veult eftre reflituee après le decez de ladite teftatrice. Item, ladite teftatrice a donné & légué à lacquefme Ballaflbn, iadis fon iardinier, lequel demeure en la paroiffe de Parcieu, une penfion annuelle & viagère de deux afnees bled froment, bon, pur & marchand, mefure du lieu, laquelle elle veult eftre payée audit lacquefme & à fes enfants, tant qu'ils viuront, &i. non plus aultrement, aprez le decez de ladite teftatrice, ii: veult &. entend icelle teftatrice que ladite penfion puiffe eftre rachetée par fes héritiers & fubftituez, en payant audit Ballaffon ou à fefdits enfants, la fomme de loo liures tournois, quand bon femblera à fes héritiers. Item, ladite teftatrice donne &. lègue à Claude Chomel fon feruiteur, pour une fois,la fomme de lo liures tournois, laquelle veult lui eftre payée aprez fon decez : déclarant eftre débitrice audit Chomel de 30 liures tournois, tant pour refte de fes gages que pour deniers qu'il luy a baillez en garde, lefquelies 30 liures tournois luy veult eftre reftituccs aprez fon decez. Iterr., la mefme teftatrice

DE LOVIZE LABE. I7I

donne &c lègue à Benoift Frotté, fon grangier dudit lieu de Parcieu, la fomme de lo liures, à la femme dudit grangier & à la niepce de la grangiere, à chacune une cotte iufques à 5 liures tournois, lefquelles leur veult eflre payées refpeétiuement &. aprez fon decez. Item, ladite teftatrice, pour bonnes confiderations, à ce la mouuant, a donné &. légué, donne &. lègue par ces prefentes, audit S' Thomas Fortin, marchand florentin, demeurant audit Lyon, les ufufruiéts, proufits, reuenus u iouïflance de la grange St tenement qu'elle a audit lieu de Parcieu, en quoy que ladite grange confine, foit en mefonnaiges, bafliments, iardins, fonds, héritages & immeubles quelconques, 8t tant celle ou ladite teftatrice a couftume habiter que celle ou elle tient fon grangier, auec toutes les penfions qui font dues à ladite teftatrice tant audit lieu de Parcieu que lieux circonuoifins, qui peuuent monter à la quantité de vingt afnees bled par chacun an, ou enuiron, pour en iouïr Si ufer par ledit Fortin &. les fiens, & autres qu'il plaira audit Fortirx légataire ordonner aprez fon decez, pendant 8t durant le temps de vingt ans continuels & confecutifs à compter du iour du decez de ladite teftatrice: tant feulement Si outre ce, donne &. lègue audit Fortin 8i aux fiens fufdits, pendant ledit temps de vingt ans, l'ufage Si iouïfianoe des biens meubles d'icelle teftatrice, de quelque qualité, nature Si condition qu'ils foyent &. qu'ils feront, tant en fadite grange que celle ou habite fon grangier audit lieu de Parcieu, Si veult Si entend icelle teftatrice que ledit Fortin légataire Si

les fiens fufdits puiflent incontinent aprez le decez de ladite teflatrice prendre & appréhender la poffeffion & iouiTTance réelle & aftuelle des chofes ci-defTus léguées, fans recognoifTance & caufe de bénéfice d'inuentaire, ne aultre requifition : mais prohibe & deffend exprelTement à fefdits héritiers & fucceffeurs aprez nommez & à tous aultres n'empefcher ledit Fortin & les fiens fufdits en ladite poffetTîon & iouïfTance réelle & aéluelle defdites maifon & grange, en' l'eftat qu'elle fera hors dudit decez, & tout ainfy qu'elle fe trouuera meublée Si garnie, &. fans que iceluy Fortin, comme ufufruiftier ou aultrement, foit tenu de prefter aucune caution, ne pi'efler & rendre aucun compte & reliquat defdits biens meubles, &. à ces fins venant le decez de ladite teflatrice, icelle teflatrice, pour le faiét dudit ufufruifl a transféré & tranfporte en la perfonne dudit Fortin & des fiens fufdits, tous droifls & propriété de poirelTion pour le temips fufdit, &. au cas ou lefdits héritiers foubfnommez vinfTent à troubler ou à empefcher ledit Fortin & les fiens fufdits, en la iouïffance aéluelle defdits biens léguez, ou qu'ils le voulfiffent contraindre à faire inuentaire, bailler caution, ou de les prendre par les mains defdits héritiers, en ce cas ladite teflatrice a reuoqué &. reuoque l'inflitution d'héritier faite au proufit de fefdits héritiers aprez nommez: en ce cas a inflitué &. inflitue &. nomme de fa propre bouche fes héritiers uniuerfels en tous fes biens, les pauures de l'Aumofne générale de cette ville de Lyon : car telle efl la volonté d'icelle teflatrice. Item, donne & lègue à Ger-

DE LO VIZE LABE. 17}

main Borgne de Cahors, cordonnier habitant à Lyon, quatre afnees bled froment, bon, pur & marchand, lefquelles luy veult eflre deliurees aprez fon decez. Item, ladite teftatrice a donné & légué & par droit d'inftitution à tous autres pretendans auoir droit fur fefdits biens, la fomme de 5 fols tournois, laquelle leur veult eflre payée, & à chacun d'eulx pour une fois, aprez le decez d'icelle teftatrice, &. à ce les a faits & inllituez par chacun d'eulx fes héritiers particuliers, fans pouuoir aultre chofe quereller ne demander fur fefdits biens. Item, ladite teftatrice a déclaré &. déclare eftre débitrice des fommes fuiuantes, à fçauoir, à

M. lacques , apothicaire à la Grenette, de 8 liures ou

enuiron, à Benoift Bertrand, en rue Salnerie, d'autres

8 liures pour vente de carrons, & preft de ,

de 60 liures i fol pour refte d'une terre que modernement elle a acquife de luy, & finalement ladite teftatrice au refidu de tous & chacuns fefdits biens meubles & immeubles, prefents & aduenir quelconques, defquels elle n'a cy deffus difpofé ni ordonné, a fait, conftitué, créé &. nommé, & par ces prefentes fait, conftitué, crée &• nomme de fa propre bouche fes héritiers uniuerfels, à fçauoir, fes bien-aimez lacques Charlin dit Labé & ledit Pierre Charlin fon frère, nepueux de ladite teftatrice &. enfants de feu François Charlin dit Labé fon frère, demeurans à Lyon, & chacun d'eulx, par moitié &. cgale portion, & leurs enfants maftes, naturels & légitimes & de chacun d'eulx, & cas aduenant que fefdits nepueux héritiers fufdits ou leurs en-

fants mafles vinffent à décéder fans enfants mafles & légitimes, audit cas &• iceluy âduenant, ladite teflatrice a fubRitué & fubllitue en tous fefdits biens, les filles defcendans du degré de fefdits héritiers, pour iouïr par elles des biens de ladite teftatrice, leur vie &l de chacune d'elles durant, & aprez le decez de fefdits nepueux & héritiers, ou de leurs enfants mafles &. de leurfdites filles, au cas que fefdits nepueux ou leurs enfants mafles decedaffent fans enfants mafles, audit cas & iceluy âduenant, ladite teftatrice a fubllitue &. fubftitue en fefdits biens les pauures de l'Aumofne générale de cette ville de Lyon, à la charge de payer & acquitter fes dettes, légats &. frais funéraires, de les accomplir fans aucune exception ne figure de procez, déclarant par exprez ladite teftatrice qu'elle n'a voulu ne entendu, mais a exprefiement prohibé &. deffendu, & deffend par ces prefentes, tant à fefdits héritiers que fubftituez, l'aliénation de fes biens ou partie d'iceulx, & toute diflraélion de quarte trebellianique , parce qu'elle veult fefdits biens eflre conferuez en fa maifon &. famille, pour en défaut d'icelle paruenir auxdits pauures, en faueur defquels ladite prohibition a eflé par elle faite. Ladite teftatrice a fait par ces prefentes exécuteur de ce prefent fon teflament ledit S'' Thomas Fortin , auquel elle donne pouuoir &. puifTance de prendre de fefdits biens pour l'entier accomplilTement de cedit prefent fon teflament : priant &. requérant ladite teftatrice les tefmoins aprez nommez d'eftre records de cette prefente ordonnance de dernière volonté, la

D£ LOVIZE LABE. 175

tenir fecrette iufques à ce qu'il plaira à Dieu l'auoir appelée, & aprez en porter bon tefmoignage en temps &. lieu: priant aulTy &. requérant ledit notaire & tabellion royal deffoubs figné de la rédiger par efcript, la minuter &. eftendre au long la fubflance de Fait nous mefme, &. apiez en faire expédition à qui appartiendra, moyennant falaire compétent. Fait & parfé à Lyon en la maifon d'habitation du S' Thomas Fortin, ladite teftatrice eflant au lit malade le fanjedi 38' iour d'apuril 1565: prefents Bernardo Rappoty, Antoine Panfy, florentin, Martin Preuofl, apothicaire, M' Claude Alamani, maiRre ez arts, Germain Vacque, cordonnier, Pierre Maliquet, couflurier, Claude Paniffera, piedmontois, tous demeurans à Lyon, tefmoins appeliez St requis, laquelle teftatrice, enfemble lefdits Rappoty, Panfy, Alamani, Paniffera &. Preuoft ont figné, & non lefdits Maliquet .&. Vaque, ne fçachant ligner, deuement requis, fuiuant l'ordonnance.

BIBLIOGRAPHIE

BIBLIOGRAPHIE

EVVRES DE LOViZE LABÉ LIONNOIZE. A Lionparfan de Tournes MDLV auec Friuilege du Roy, p. in-S" 17} pp. plus un f. non chiffré, comprenant : Epitre dédicatoire — Débat de Folie & d'Amour par Louîi^e Labé lyonnoi^e — Trois Elégies — Vingt-quatre sonnets. Au revers de la p. 125 est écrit: Fia des OEuures de Louise Labe lionnoi^e — Aus poètes de Louise Labe. Sonnet — EJcri^ de diuers poètes à la louange de Louï^e Labé lyonnaise (24 pièces commençant par une ode grecque) — au revers de la p. 17] : indication de quatre « fautes à corriger en l'impression » et cette mention : « Acheué d'imprimer ce 13 aouft MDLV. » — Le f. suivant non chiffré est occupé R., et V" par le privilège du Roy. — La prose est imprimée en caractères romains, et les vers en italiques.

EVVRES DE LOVÎZE LABÉ LIONNOIZE rcuues et orrtgèes par ladite Dame. A LION PAR lAN DE TOURNES MDLVl. Auec priuilege du Roy. P. in-8°, 17) p. chiffrées. Les

l8o BIBLIOGRAPHIE.

pp. 174 et 175 non chiffrées contiennent le Prîuilège. — Les quatre fautes indiquées au revers de la p. 175 de l'édition de 1555, sont corrigées à leur place et le privilège du roi occupe ce revers et le R" du f. suivant. Le fleuron au V du f. 4 est plus riche et plus neuf que celui de l'édition précédente. Quelques bandeaux et une lettre ornée sont changés. — Les variantes sont indiquées dans nos. Notes et variantes.

EVVRES DE LOVÎZE LABÉ LIONNOIZE, à Lion par lan de Tournes. MDLVl. Auec priuilege du Eoy, p. in-i6, 88 f.

— Le volume est tout entier imprimé en caractères ronds mais le caractère des vers est plus petit que celui de la prose.

— L'ode grecque et le privilège du Roi font défaut.

EVVRES DE LOVIZE LABE LIONNOIZE DU DEBAT DE FOLIE ET D'aMOVR (^sic) à Rouen par lan Garou 1556 in-i6. Imitation de l'édition de Jean de Tournes, avec la prose en romains et les vers en italiques.

OEUVRES DE LOUIZE CHARLY, LYONNAISE, DITE LabÉ SURNOMMÉE LA BELLE CORDIÈRE. A Lyon, chez tes frères Duplain libraires. MDCCLXII. Illustration de Nonote. — Réédition d'un exemplaire de 1556, possédé par M. de Fleurieu que l'on croit avoir tenu la plume pour la réduction de la notice due à la collaboration de plusieurs savants Lyonnais. On a ajouté aux Escri^ de divers poètes une ode de Pelletier du Mans.

EUVRES DE LOUIZELaBÉLIONNOISE SURNOMMÉE LA Belle CorDIÉRE. A Brest de l'imprimerie Michel, 1815. La notice est celle de l'édition de 1762. Les Escri^ sont groupés suivant leur genre: Odes, Épitres, Sonnets etc.

EvvRES de LoviZE LabÉ LionnoiZE, à Lion par Durand et Ferrin. MDCCCXXllll. In-R° LXX. 528 p. Notice non signée de Cochard; notes et glossaire de Breghot du Lut. Malgré sa tournure un peu vieillotte cette édition est encore ce

BIBLIOGRAPHIE

qu'on a fait de mieux jus.ju'à ce jour et les éditions suivantes n'en sont ge'ncralcmtnt que des réductions plus ou nnoins heureuses.

OEUVRES DE Louise Labé Lyonnaise. — Édition publiée par L. Boitel. A Lyon chez les principaux libraires. — Paris, Techener, place du Louvre, MDCCCXLV. — Il a été fait plusieurs tirages de ce titre, avec variante à chaque tirage. — Notice insignifiante de F. Z. C. (Collombet). Les œuvres de Louise Labe sont publiées dans un autre ordre que celui qu'avait adopté Jean de Tournes, et avec une orthographe de fantaisie — On y a ajouté, pour la première fois, le testament de Louise Labé.

— Cette édition a le mérite d'avoir servi de prétexte à Ste-Beuve QReyue des Deux-Mondes, if mars 1845) pour « reparer, tnvers Louise Labé, un oubli, une légèreté involontaire, qu'un critique ami (IVl. Patin), dit-il, nous reprochiiit dernicrement avec grâce. »

EvvBES DE LovizE Labé Lionnoize. mdccci,.

— Paris, imprimé par Simon Raçon et C''. In-S", 198 p. — Édition publiée par Cailhava et par J -B. Monfalion, auteur de la notice biographique.

OEUVRES DE L0VIZE Labé. N. Scheuring, Ubraire-éditeur, Lyon. MDCCCLXII. — In-8° XIV 186 p. Notice anonyme attrlb;iée à AUut. C'est à propos de cette édition que Sainte-Beuve (^Constitutionnel du 2) février i86j) a refait son étude de 1845 sur Louise Labé.

OEUVRES DE LOVIzE LABE. Paris, librairie Tross... MDCCCLXXI. In-8°. Cette édition est sans notes ni notice et semble avoir été faite uniquement pour employer de magnifiques caractères de civilité,

OEUVRES DE LOUISE L K^t publiées avec une étude et des notes par Prosper Blanchemain. Paris, librairie des bibliophiles, rue St-Uonoré 558. M DCCCLXXV, p. in-î;», XXXVI. a;o p.

l82 BIBLIOGRAPHIE.

Parmi les éditions par.ielles des OEuvres do Louise Labé, il en est deux qui méritent une mention particulière.

La première est intitulée : llifioirc 6- amours pajloralhs de Daphnis & Chloe efcrite premièrement en grec par Longus & maintenant mife en français ; enfemhle un débat indiciel de Folie & d'amours, fait par Dame L. L. L. (Xouise Labé, Lyonnaise^) ; plus quelques vers français, le/quels ne font mains plaifans que récréatifs. P. AI. D. R. poetevine ("par Mlle des Roches, poitevine). A Paris, chez '^'"' Parent, rue St-Jacques, 1578, auec priuilcge. (l\ et i]if-)

Un exemplaire de cet ouvrage rarissime était inscrit sous le n° 168 dans la bibliothèque de Pont de Vesle, Il passa ensuite dans celle de M. de Soleinne, qui le prêta à M. Breghot du Lut en 1825; puis il fit partie de la bibliothèque Coste. (n" 955) et enfin il figura à ta vente Yéméniz (n° 2232). L'épitre dédicatcire est signée !. P. P. Çsans doute Jean Parent, parisien). La traduction du Longus est celle d'Amyot 1549.

A la suite du Deiat de Folie d d'Amour sont imprimées la Louange des eaux de Mlle des Roches et la pièce de Baïf : Que faites-vous, mes compagnons etc., avec ce titre : D. L. L. à Jes amis, des gracieufetes pour elles receûes.

L'autre édition partielle a pour titre : Sounet de Louvifo Labé e rimo a falaufour revira doufrancès en prouvençau 0 de Vitalian en francès, pcr A. de Gagnaud. Dans cet ouvrage (imprimé en i!î82 chez les frères Hamelin, de Montpellier), le sonnet italien de Louise Labé est traduit en français, et les sonnets VIII, IX, XIV et XXIV, ainsi qu'un fragment de la 111° élégie sont traduite dans la langue de AJ(r«i7Zi'. L'auteur, M. de Berluc-Pérussis, un fin ciseleur de sonnets, a mis à la suite de cette traduction, celle du sonnet d'Olivier de Magny Bes beautés de D. L. L., du sonnet de Joséphin Soulary Louise Labé et du sonnet italien Qui dove m braccio. Cette curieuse publication s'ouvre par une préface en prose provençale et une dédicace en vers provençaux aux dames de Montpellier, et elle se termine par devx s- nnets fran-

BIBLIOGRAPHIE. l8}

lis sur Le Manoir de Clémence de Bourges et Les Jardins du 1 ure-Caeur, de Villeurbanne.

Voici la truduction en vieux français du sonnet italien de Louise Labé :

Ulysse ni personne mieulx prudente N'aurait predict que de ce doux aspect Tant plein de grâce et d'honneur et respect. Le mal naistroit qui mon âme tourmente.

De toy. Amour, ma poitrine innocente.

Où ton ardeur son logis avait faict.

Par CCS beaux yeux feust percée d'un traict Sans garison,fors qu'en toy Je la sente,

Estrange sort, tel si le dard me poinct

D'un scorpion, et remède n'ay poinct

Si n'est le sien, qu'ayecques soy il porte.

Je le requiers de me bailler soûlas.

Mais n'esteignant désir qui me conforte. Lequel failli, tost sonnerait mon glas.

Pour mémoire il faut citer : Le Parnasse des Dames, 1775. ^^^ Œuvres choisies de Louise Labé y sont imprimées en beau langage. — Annales poétiques, 1778. Les poésies de Louise Labé se trouvent dans le tome. IV (notice de Sautereau de Marsy). — Les poètes français depuis le deuxième siècle jusqu'à Malherbe, 1824. — Louise Labé, t. IV.

Enfin, pour terminer cette bibliographie, voici un passage de \'Almanach de Lyon, de 1790, p. 56. Il s'agit de la description du drapeau d'un des 28 bataillons de la garde nationale :

BATAILLON BELLE CORDIÉRE.

« Louise Charly, femme d'un cordier, fit, en 1550, un poème sur la liberté. Sa beauté et sa science ont formé l'emblème suivant :

«La belle Cordière est vêtu; simplement, assise sur un lion ; une

«84 BIBLIOGRAPHIE

guirlaDde de fleurs lui descend de lepaule gauche au cote droit; de la main droite elle tient une pique entrelassée de lis, et surmontée du chapeau de Guillaume Tell, restaurateur de la liberté Helvétique ; à ladite pique est encore adapté un ruban sur lequel est cette légende :

Tu prédis nos destins, Charly, belle Cordiere, Car pour briser nos fers tu volas la première.

« De l'autre côté du ruban est gravé :

Belle Cordiere, ton espoir n'était pas vain.

« Au chapeau de Guillaume Tell est le panache aux trois couleurs. De la main gauche, Louise Labé tient son poème sur la liberté Françoise, qui est appuyé sur un globe terrestre. Le lion tient sous une de ses pattes le livre de la Constitution ; à côté est l'autel de la patrie, où brûle le feu du patriotisme; d'un côte est une plante d'olivier, signe de la paix, ut de l'autre une de laurier, signe de la gloire ; des livres en desordre sont a ses pieds, qui désignent sa science. »

Inutile de dire que seuls parmi les bibliophiles, les gardes nationaux de 1790 ont eu connaissance de ce poème sur la liberté, compose en 1550 par la Belle Cordiere.

Les derniers éditeurs ont cru pouvoir ajouter aux œuvres de Louise Labe un sonnet qui figure en tète des Amours d'Olivier de Magny, quatorze vers sur le tombeau d Hugues Salel attribués à Castianire, la bien-aimée du poète quercinois, etun sonnet d'une écriture du xvr siècle, trouvé sur les gardes d'un Nicandre (Paris, G. Morel, 1557) et portant en titre : Sonnet de la Belle C... L'attribution de ces trois morceaux — fort peu remarquables du reste — à Louise Labé n'ayant paru nullement justifiée, on n'a cru devoir ni les ajouter au texte, ni même les reproduire ici.

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Jfir^^âf^T^^^^rf^^^Tf^^

P. j, i. I. — A. M. C. D. B. L. C'est-à-dire, comme nous l'apprend un contemporain, A M"' Clémence De Bourges Lyonnoije. L'édition de i^îS indique seulement A. M. C. D. B. — On trouvera dans le second volume des renseignements détailles sur la famille de Bourges.

P. j, 1. IV — Var. : Ne nous pourra efiie oté. 15^5: Ne nous aura pas oté.

P. 4, I. I. — Var.: Torce d'ennemis.

1 555 : Par ennemis.

P. 4, I. â. — Var. : Si c'eujfe efté. I Î55 : Car ayant efié.

P. 4, I. 5. — Var.: Flui d'exemple.

1)55: Tant d'exem/li .

l88 NOTES ET VARIANTES.

P. 4, I. 31. — Var. : Ils n'ayent honte voir précéder celles dejquelles ils...

1555: Ils n'ayent honte voir précéder les Dames fur lesquelles ils...

P. 4, 1. 23. — Var. : Pource, nous faut il animer l'une l'autre à si louable entreprife : De laquelle ne devez ejlongner ni ejpargner.

1555 : Pource, nous faifons armer l'une l'autre a Ji louaile entreprije pour laquelle ne devez ejloigner ni difiraire.

P. 4, 1. a5- — Var. : De plujîeurs & diverjes grâces. 1555 : De flujîeurs & diverjes idées.

P. 5, I. 12. — Var.: 5; ne nous peut il remettre en telle difpo- Jicion... etc.

1 5 5 5 : Si ne nous voulons remettre en telle difpo- Jicion que ja nous ejlions : & quelque imaginacion qui vienne nous imprimions , en la tejie, Ji ne fajjons nous bien que

ce n'est qu'une imaginacion...

P. g, 1. 8. — Atacher à moy, attaquer à moy.

P. 10, l. II. — Vendre tes coquilles, allusion à la vente de coquillages que faisaient les pèlerins à leur retour des lieux saints.

P. II, I. 17. — En route, en déroute.

P. 34,1. 15. — Apollon cite la Bible. Dans sa réplique, Mercure fera de même.

P. ) 5, I. 4. — Animant, un être animé. La nuance qui existait alors entre animants et animaux est aujourd'hui perdue.

P. 3 5, l. 7. — Var. : « de tout ayme'.

P. 41, I. 16. — Se couchant en chapon le morceau au hec, de très bonne heure et au dernier morceau.

P. 43, I. 17. — Les éditions originales portent cette leçon ; il semblerait plus naturel d'écrire : « On panse un malade. »

P. 44, I. I). — Dans les éditions originales on trouve ils contregardeni, qui est une faute d'impression; il faut: elles contregardent.

P. ',2, I. ig. — L'amitié de Vénus et de Mercure était célèbre dans l'antiquité; plusieurs temples leur ont été dédiés en commun.

P. 55, I. 14. — Il y avait dans le fonim une statue d'Apollon.

P. 55, I. 4. — La plus petite des deux éditions de Jean de Tournes 1556, contient en cet endroit une faute typographique : « Il ne s'en eft mis en fon plein deuoir. »

P. 55i !• 14. — La Folie, comme déesse, était inconnue dans l'Olympe des anciens. C'est Erasme, dans son Encomium Moriat, qui nous la représente comme une fille de la Jeunesse; encore Érasme — qui, du reste, a écrit plutôt la satire des fous que l'éloge de la Folie — est loin de nous en faire une personne vivante semblable à celle que nous voyons parler et agir dans l'œuvre de Louise Labé.

P. <,-, I. 20. — Ce très curieux passage du Débat, consacré aux Rois et aux Grands, a pu tomber sons les yeux d'un garde national lettré de 1790 — une édition des œuvres de Louise Labé ayant été publiée à Lyon en 176a — et la légende d'un poème « SUT la liberté », écrit par la Belle Cordiere, trouverait peut-être là un commencement d'explication. (Voyez, dans le présent volume, le cbap. Bibliographie, page 18).)

P. 58, 1. 2} et seq. — Chrysippe mourut à 7; ans, l'an 207 avant J.-C, dans des circonstances bi/.arres et diversement rapportées, laissant, d'après Diogène Laérce, Jii traités de dialectique et même 705 d'après d'aatres auteurs. Ce détail explique la question que pose Mercure. ,

— Saint Justin et saint Grégoire de Nazianze donnent celte version de la mort d'Aristote, mais d'autres disent qu'il s'empoisonna et d'autres encore qu'il mourut d'une colique.

— Le Crate dont il est ici question est sans doute Cratès, le philosophe, à qui Diogéne persuada de jeter son trésor à la mer, et non Polycrate, le tyran de Samos, comme on l'a dit dernièrement.

P. 59, I. 7. — La Belle Cordière, qui avait dû « s'edever par deffus la quenouille et le fuseau,» s'et.iit élevée aussi par dessus les préjugés astrologiques si enracinés de son temps. Les astrologues du XVI' siècle étaient même d'une force étonnante sur certaines choses; ainsi ils avaient trouve, dit Brantôme gravement, que la reine de Navarre avait été conçue « dix heures avant midy et dix-sept minutes le 11 de juillet, » et son frère, François !"■, « le 10 de décembre à dix heures du matin. >>

P. 65, 1. 28. — On avait retrouve, en 1528, des tables de bronze reproduisant une partie du discours dans lequel l'empereur Claude, né à Lyon, avait annoncé qu'il accordait aux trois provinces de la Gaule chevelue le droit de cité. Le nom de l'empereur était dans toutes les bouches savantes du temps, ce qui explique peut-être comment en cette circonstance Louise Labé confond Claude avec Caligula.

La popularité de Claude subsiste toujours à Lyon d'une façon inconsciente. Il n'y a pas de pays où l'on trouve aussi fréquemment le prénom de Claude, Clitudius, Claudine, ou Claudia.

P. 64, in-fine. — C'est à ce passage que Pierre de Saint- Julien fait une perfide allusion dans ses Gemelles ou Pareilles. (Voir aux Annexes de notre second volume.)

P. 71, I. 27. — Leurs occupations a muliehres. » — Rcle-

<ns cette expression franco-latine pour constater combien elles -it exiréraement rares dans les œuvres de la Belle Cordiere et jiabien elle a peu donné, malgré l'exemple de la majeure partie j ses contemporains, dans le travers ridiculisé par Rabelais.

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