‹ uvres de Louise LabéChapitre 30 sur 46 · ODE · texte numérisé non relu

ODE

Mon lur voulut qu'un jour Lion je visse Afin qu'a plein mon désir f assouvisse.

Altère du renom.

J'è vu le lieu ou l'impetueus Rone Dedans son sein prenant la calme Sone

Lui feit perdre son nom.

J'è vil le siège ou le marchant étale Sa soee fine e perle oriantale,

E lahorieus or:

J'è vil l'ecrin, dont les Rois qui conduisent Leur grand' armée, a leur besoin épuisent

Un infini trésor.

J'è contemple le total edijice.

Que la nature aveques Vartifce

A clos e ammurè.

J'è vu U plom imprimant meint volume D'un brief labeur, qui souz les irez de plume Ut si long tans duré.

J'è vil anfn Damais èle s et Dames,

Plesir des yeus e passion des âmes,

Aus visages tant beaus :

Mes fan è vit sur toutes autres l'une,

Resplandissant comme de nuit la Lune

Sus les moindre s fl ambeaus .

E bien quel soit an tel nombre si bêle,

La beauté et le moins qui soit en ele:

Car le savoer qu'ele à,

E le parler qui soevemant distile ,

Si vivemant anime d'un dous stile.

Sont trop plus que cela.

Sus donq, mes vers, louez C^ Louise:

Soièzi ma plume, a la louer soumise.

Puis qu'ele à mérité, Maugre le tans fuitif, ai être menée Dessus le vol de la Famé ampannee A l'immortalité.

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