A SIRE AYMON
Si je voulais par quelque effort Pourchasser la perte, ou la mort Du sire Aymon, et j'eusse envyc Que sa femme luy fut ravie,
Ou qu'il entrast en quelque ennuy Je serais ingrat envers luy.
Car alors que je m'en vois veoir Ld ieaulté qui d'un doux pouvoir Le cueur si doucement me Irulie, Le bon sire Aymon se reculle.
Trop plus ententif au long tour De ses cordes, qu'à mon amour.
Ores donq'ilfault que son heur.
Et sa constance et son honneur Sur mon luth vivement j'accorde, Pinsetant l'argentine corde Du lue de madame parfaict, Non celle que son mary faict.
Cet Aymon de qui quatre JH^ Eurent tant de gloire jadis, N'eust en sa fortune ancienne Fortune qui semble à la tienne. Sire Aymon, car sans ses enfans Il n'eust poinct surmonté les ans.
Mais toy sans en avoir onq'eu.
As en vivant si bien vaincu L'effort de ce Faucheur avare.
Que quand ta mémoire si rare Entre les hommes périra.
Le Soleil plus ne reluira.
O combien je t'estime heureux.' Qui vois les trésors plantureux.
De ton espou^e ma maistresse.
Qui vois l'or de sa blonde tresse.
Et les attraictz délicieux Qu'Amour descoche de ses yeux.
Qui vois quand tu veulx ces sourci^, Sourciz en hebeine noirci^.
Qui vois les beaultez de sa face.
Qui vois et contemples sa grâce.
lES CONTEMPORAINS. 09
Qui la vois si souvent baler.
Et qui l'ois si souvent parler.
El qui vois si souvent encor.
Entre ces perles et cet or.
Un rubis qui luyt en sa bouche.
Pour adoucir le plus farouche,
Mjis un rubiz î"' sçait trop bien
La rendre à soy sans estre sien.
Ce n'est des rubiz qu'un marchant
Avare aux Indes va cerchant.
Mais un rubi^ qu'elle décore.
Plus que le rubi^ ne l'honnore.
Fuyant ingrat à sa beaulte
Les apast^ de sa privaulte.
Heureux encor qui sans nul soin
Luy vois les armes dans le poing.
Et brandir d'une force adextre.
Ores a gauche, ores à dextre,
Les piques et les braquemars
En faisant honte au mesme Mars.
Miis pour bien ta gloire chanter
Je ne Sfay que je doys vanter
Ou ton heur en telle abondance.
Ou la grandeur de ta constance.
Qui franc de ses beaultezjouyr
N'as que l'heur de t'en resjouyr.
Tu peulx bien cent fois en un jour
Veoir ceste bouche où niche amour.
Mais de fleurer jamais l'aleine.
Et l'ambre gris dont elle est pleine
Allèche de sa douce voix.
En un an ce n'est qu'une fois.
Tu peulx bien cent fois en un jour
Veoir ceste cuysse faicte au tour.
Tu peux bien veoir encor et ventre.
Et ce petit amoureux antre
Ou Venus cache son irandon, Mait tu n'as point d'autre guerdon.
Puisses tu yeoir souvent ainsi Les beaultez et grâces aussi Soit de son corps, soit de sa face, Et puisse-je prendre en ta place Les doux plaisirs et les esbatz Qu'on prend aux amoureux combat^-
Et tousjours en toute saison.
Puisses tu veoir en ta maison Maint et maint brave capitaine.
Que sa beaulté chez '"y ameine.
Et tousjours, sire Aymon, y veoir Maint et maint homme de sçavoir.
Et lors qu'avec ton tablier gras Et ta quenoille entre les bras Au bruict de ton tour tu t'esgayes.
Puisse elle tousiours de mes playes.
Que fay pour elle dans le cueur.
Apaiser la douce langueur.
GRATULATio ai venerabUem presbyteruiu dominum Gabrielum de Saconay, prœcentorem ecdeiice lugdunensis, de fulchra et eleganti Prœfatione quam libro Régis Angliœ inscripsit. mdlxli. P. 4J3, (Voir
Joannis Calyini. Tractatus theoïogici omnes, in unum volumen certis cîassibus congesti... In Bibliopolio Coinmeliniano.)
0 . . . Qua etiam fiducia transsubstantiationem securè ac plenis buccis asserere audeas, nescio, nisi forlè quia tibi perœque facilis videtur transmutatio panis in corpus, ac metamorphosis mulieris in virum. Hoc enim suavitatis génère convivas lues oblectas, dum muiieres virili habita ad mensam inducis. Hune ludum quam sœpè tibi prœbuit plebeia meretrix, quam partim à propria venustate, partim ab opificio mariti, Beilam corderiam vocabant. »