TABLEAU
Historique db l'état et des progrâs de la littérature française depuis i789, par marie -joseph chénier.
Lés Anglais ont oublié que Milton fut le secrétaire de Cromwell; ils ne voient plus en lui que le génie qui , agrandissant l'épopée , atteignit , dans son vol sublime , les dernières limites de l'imagination et de la haute poésie. Dans Milton je vois deux êtres distincts :
l'homme a subi la commune loi , sa cendre ignorée reste confondue avec les cendres vulgaires des générations anéanties ; mais le poète a survécu ; sa pensée impérissable , son &me tout entière, animent encore ces chants immortels qui semblent échappés d'une lyre divine. Tel çstle privil^e d'un esprit créateur:
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il échappe seul à la destraction , seul il fixe les regards de la postérité.
Chénier , quoique placé, comme poète, dans un rang inférieur à celui de l'Homère anglais, avait reçu de la nature une àme passionnée , une imagination forte et un talent vigoureux. Parmi ses productions poétiques, il en est plusieurs sur lesquelles l'action du temps n'aura aucun pouvoir. A ce titre, sa mémoire réclame de justes égards. Ce n'est plus Chénier qui nous occupe , c'est l'auteur de Uenri YIII et de Fénelon ; c'est le poète plein de verve qui a déshonoré la délation et flétri lea calomoiateun ; c'est l'écrivain éloquent, le eritique éclairé dont les jugements littétBires sont, en général, Vexpreasion impartiale de la vérité et dû go4t.
Que n'a-t-il vécu dans ces temps heoieuz où l'homme de génie, maître de lui-même et de $es loisirs , se livre paisiMement à de nobles inspirations, et, citoyen d'une antfe patrie , ne descend sur la terre qee po«r exciter des sentiments généreux? A la hau-
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tear où Ghënier s'est élevé , au milieu du tourbillon qui l'arrachait sans cesse au doux commerce des Muses , et malgré les luttes pénibles qu'il a eues à soutenir contre ses propres passions et contre les passons des autres, on peut juger ce qu'il fût devenu dans un siècle moins agité : peut-être eût-il cneil* li l'ime des palmes de l'épopée; peut-être se fût-il placé près de Voltaire, celui de nos grands écrivains avec lequel il a le plus de rapports et dont il a été le constant admirateur.
Cette supposition est d'autant plus admis^ sible y que la mort a fermé prématurément sa carrière ; et que , dans les dernières années de sa vie , son talent était parvenu à un point de perfection qui promettait de nouveaux chefs^ d'oeuvre à notre littérature. Je l'ai vu fami«lièrement à cette époque : une maladie incurable le conduisait avec rapidité au tombeau; mais nulle douleur, nulle crainte de la mort n'altéraient cette àme inébranlable , et n'affaiblissaient ses rares facultés. Affranchi de tout soin terrestre, il semblait ne vivre que dans
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Farenir , sa pensée , active , indépendante ^ parcourait librement les domaines de l'imagination et en rapportait des trésors précieux ; desa conversation animée jaillissaientdes traits de feu » des rayons de lumière qui éclairaient toutes les questions , et donnaient un grand éclat à la vérité. Les passions orageuses qui / plus d'une fois égarèrent son jugement étaient
alors dans le calme ; il rendait justice à ses rivaux , même à ses ennemis. De toutes les accusations mensongères qui avaient troublé son repos , une seule Taffi^ctait encore : il frémissait d'indignation à la pensée d'avoir pu être soupçonné d'indifférence au sort de son malheureux frère. Le stylet de la calomnie avait touché la partie la plus sensible de son cœur ; bien qu'il eût repoussé cette atroce calomnie avec des preuves qui trompèrent complètement la rage de ses ennemis , la blessure s'est rouverte par intervalles jusqu'à son dernier soupir.
Ghénier parlait avec quelque plaisir des services qu'il avait rendus ; il était resté sans prévoyance contre l'ingratitude. La Harpe
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persécuté troovu un défenseur dons fhornne qui fat long-temps l'objet de ses critiques passionnées. L'infortune des hommes disih»gués par leurs talenls ou par quelques bri^ lantes qualités aSSactait cette àme si énergieque : il n'avait de courage que contre ses pro»pres malheurs. Avare de son estime , constant v
dana ses affections , il eqt des amis qui smit restés fidHes à sa mémoire,
Tel fut Chénier dans sa vie privée ; sa vie
publique appartient à l'histoire. C'est en su
qualité de critique que je vais le considérer.
Son Tableau hiêïorifuê delà lUtéraiureftmh'
çaise depuU. 1789 est peut-être l'effort Ib
plus étonnant de son esprit. Conçu et exécuté
à l'époque où il luttait contre les souftances
physiques les plus vives , cet ouvrage parait
le résultat d'une méditation profonde, d'un
jugement calme y et d'un goût parfait. Dans
M travail immense , il trace d'abord , à la iéte
de diaque genre , l'aperçu rapide des progrès
de Fart jusqu'à la période où commencent ses
observations. Ces points lumineux éclairent sa
route. Il soMaet ensuite à une revue générale- III. 27
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mtmi impavtiale les producUons do même genre qui oot ëtë publiées depuis 1789, et qui 4m faraiflwnt pas iûdigiies de l'atteAtioa pu- Uique* L'importanoe des ouvrages sert de mesure à l'éteodue des réflexions. On aurait pnxramdce quelque pattialité dans ses dédjioos i mais il avait un sentiment trop exquis diA vfui et du beau pour ne pas Us reconaal* tre et les admirer partout où ils frappaient ses regards. Les renommées de circonstance, TexagératipipL des succès obtenus à la faveur de .l'intrigue ou de l'esprit de coterie, n'ewrfaient aucune influence sur seajugemenls* Jamaàfi critique n'eut une eonsdence litléraire piuis inflexible et pius irréprocluJ>Ie.
Loffsqu'un ouvrage lui parait digne d'éloge, il loue ayec effusion de eœur ; alors il deriest éloquent f et ne reate point inférieur à son sujet. Voyez > par exemple > comine il s'élève en parlant de cet.admiiable nm«A de C^rimn^ qui , sous plus d'un rapport , soutient le pnral^ lèle avec la Jnli^ de Rousseau*
tt L'action , dit le criti<|ue , est simple ^ ce
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qui est un mérite , mais ici t>ius qu'ailleurs , puisque l'objet principal est la description de l'ItaÛe ; et quelle description passionnée ! Au milieu des cités pompeuses et des. opulents paysages, e'est pour Oswald que son amante se plaît à célébrer cette contrée deux fois classique , et long*temps peuplée de héros , où l'héritage des Grecs fut recueilli par la victoire, et qui depuis retira l'Europe des longues ténèbres du moyen âge. C'est avec lui qu'elle se promène entre les prodiges antiques et les prodiges modernes , près de ces monu* ments debout encore , mais dont la grandeur égale à peine les débris des monuments renversés y dans ces palais , dans ces temples qui étalent les chefs-d'oeuvre de la peinture , et retentissent des chelb-d'œuvre de l'harmonie ; et SOUS le plus beau del du monde , pour en-t flamme* l'imagination , de tous côtés viennent s'unir à la puissance des arts la majesté 4'une gloire lointaine , Finspiration des souvenirs et l'éloquence des tombeaux. Ce n'est fm une idée vulgaire que celle de lier tous ces grands objets aux situations d'une âme ardente et mobile. Ainsi les couleurs sont va-
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liées; leur écbt éblouit d'abord, lorsque , triocnphanteauCapitoleyhearease d'un amour naissaBt et partagé, Corinne, enchantée du présent, .sourit aux promesses de l'avenir.
Bientôt les teintes pâlissent en même temps que son bonheur ; mais leur mélancolie les rend plus douces ; et, quand elle a perdu jusqu'à l'espoir, c'est encore avec un charme nouveau qu'elle reproduit les mêmes images, rembrunies de sa douleur et des pressentiments de sa mort prochaine. Il y a beaucoup de mérite dans le roman de Delphine. A no* Ire avis toutefois, Corinne a moins de défauts, plus de beautés et des beautés d'un plus grand ordre. Sans doute on pest reprochera ces deux ouvrages quelques pensées qui ne soutiendraient pas l'examen, quel^pies expressions plutôt cherchées que trouvées.
Mais qu'importent ces taches légèrqp? Tous deux sont riches de détails ; tous deux étincellent de traits ingénieux ou diversement énei^ques, et garantissent à madame jde Slael un rang parmi les écrivains qui feAt aujourd'hui le plus d'honneur à la littérature française. »
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Lorsque Chénier rendait à an fàtent sapérienr ce juste tribut d'estime, fauteur de Corinne errait en Europe, poursuivie par le despotisme , qui n'avait pu obtenir de sa pensée courageuse la moindre concession. Cette circonstance ajoute quelque prix au jugement que Chénier a porté sur les ouvrages de madame de Staël; un tel acte d'impartialité dans cet état de choses devient presque une bonne action.
Voilà l'un des écrivains de cette littérature impériale qu'une secte qui croit être en marche, parce qn'dlle recule, essaie vaine* ment de livrer au mépris.
Dans l'ouvrage que j'examine , la critique est presque toujours accompagnée d'urbanité.
Ce n'est point avec ce ton aigre et tranchant , si £aimilier à la médiocrité envieuse , qui se débat contre son impuissance, que Chénier relève les défauts ou les erreurs d'un écrivain. Il ne s'est écarté qu'une seule fois d'une juste mesure , et c'est en parlant de l'auteur d'^la/0. Il'présen^ l'analyse de ce roman en forme de
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parodie^ ie conoais peu d'ouvrages aériens qui passent réaister à une pareille épieuTe.
Ce genre da <;ritique est séduisant par aa &cilité ; mais il ne dsvait pas entrer dans un ouyrage graTe, et entrepris, comme on sait , sous les auspices de l'Académie française. Rien ne pput justifier la forme que le critique a jugé convenable d'adopter. Ce n'est paa que la parodie ne soit plaisante j et n'excite plus d'une fois le sourire du lecteur; mais je crois qu'elle est déplacée. En écrivant cette parodie, l'auteur ne se doutait pas que M. de Chateaubriand prendrait un jour sa place dans le fauteuil académique , où , si l'on trouve le sommeil , on ne perd pas du mcÂns la mémoire.
Il faut avouer que Cbénier a trop obéi à ses préventions lorsqu'il a jugé cet illustre écrivain. Pans l'épisode d'Atala, qui, si je ne me trompe, est inférieur à celui de René, on trouve une imagination vive , des descriptions pleines d'éclat et de vérité , et une couleur locale dont le mérite ne peut être entièrement senti que par ceux qui connaissent les mœurs des tribus sauvages. Je ne ptrletai fias
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d€8 MofH^fTê y ooTiage généralewieat bien apprÀdë ; mais dans René, qui n'obtient pas on souvenir de Chénier ^ Tauteur observe avec succès les nMWVements du cœur , où il a fait des découvertes. Jamais « avant lui, on n'avait tracé avec fidélité les effists de cessentiasents vagues, de ces pasnons indéfinies, de cette inquiétude rêveuse , qui tourmentent k jeunesse des esprits ardents, at qui indiquent les secrètes fermentations du cœur , comme les colonnes de vapeurs ondoyantes qui s'échap* peut des flancs de l'Etna annoncent la com* bustion intérieure et la prochaine éruption du volcan.
Chénier, injuste envers M. de Chateaubriand, ne l'a pas été à l'égard de M. de Fontanes ; ici son opinion est dégagée de toute considération personnelle et de tout souvenir fâcheux.
ce Un écrivain distingué, dit-il, comme poète et comme prosateur , M. de Fontones, s'occupe depuis long- temps d'une épopée. Les cottnaissemrs ont déjà remarqué parmi ses ou-
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vrages le joli poème du Verger ; une tTadne-tien ea vers de VEssai sur V Homme , plus concise et plus égale que celle de l'abbe Du Resnel , et surtout un excelleat morceau élégiaque inlitulé : Le Jour des Morte dame im cmnpagne. Soa poème épique a pour titre La Chrèee «oMti^e/ pour sujet, la ligue du Péloponnèse , victorieuse des armées et des flottes de Xerxès. Là, tout seoonde un poète : Thanno* nie des noms grecs et des noms asiatiques , la solennité de Tépoque, k renenamée kmilaine des héros , l'autorité de l'histoire , le charme et la magnificence de l'antique mythologie.
Glover, il y a soixante ans, traita ce beau sujet en Angleterre , sous le nom de Léonidae^ et ce ne fut pas sans succès. Il est à présumer que M. de Fontanes réussira d'une maaière plus éclatante. Il a lu dans nos séances pu* bliques plusieurs fragments de la Grèce eauvée. Un style harmonieux et correct, une précision nerveuse, une versification savante, sans recherche , embellissent ces fragments ; et, comme l'exigeait l'époque la plus brillante dos républiques grecques , les vers respirent à la fois Tenthousiasme de la poésie et cekuL
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de la liberté. Paisse ce giand ouTiage arriver bientAi à son terme ! On a droit d'espérer qu'il soutiendra cette gloire poétique léguée par Malberbe à ses successeurs , et qui , de classique en classique , s'est conservée chez les Français durant deux siècles , toujours fidèlement recueillie , toujours enrichie de nouveaux trésors. j>
La manière de Chénier est éminemment classique. Les doctrines littéraires de l'école allemande n'avaient fiait aucune impression sur son esprit , cultivé par de bonnes études. Il attribuait à l'impuissance d'approcher des modèles le mépris des règles et le dégoût de la raison, qui caractérisent la poétique des nouveaux docteurs. Je pense à cet égard comme lui ; cette fureur d'innovation a cependant une cause bien naturelle. L'Allemagne est arrivée un peu tard dans la carrière des beaux arts ; les couronnes sont distribuées , les statues élevées. Homère, Sophocle, Virgile , Térence , Le Tasse , Milton , Pope , Corneille y Racine , Molière , Voltaire , tous grands hommes de la même famille , occupent les
avteb de la gioire. Il serait impoârible de les surpaiser , peut-être même de les ^ler. Âa lieu de se consumer en efforts honorables, mais pénibles, n'est-il pas plus simple et plus facile de dédaigner h perfection , de construire un édifice obscur et gothique , inaccessi* ble à la lumière de la raison , que l'imagina'» tion , abandonnée à elle-même , peuplera d'êtres fantastiques , et sur le frontispice duquel on écrira fièrement : Temple de la renommée.
Là s'élèveront les bustes grossièrement sculptés des classiques ténébreux devant lesquels fumera sans cesse un encens plus grossierencore; là certain grand-prêtre, tenant en main la baguette de Prospéro et revêtu de la gabardine de Caliban (i) , chantera sans fin des hymnes à la nuit , et l'étemel Heeanna de la barbarie.
La poésie est née dans le temple des
(f) Voyez la Tempête, tragi-cotnëdie de Shakspear.
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elle aeiTit dloatrameat à la ciyilieation et s'est éleTëe avec elle. On dit qae la raiaon n'est pas poétique ^ mais la raison n'exclut ni les douces émotions, ni les sentiments passionnés , ni les diverses inspirations produites par les grandes scènes de la nature , ni les beautés d'aucon genre. La raison ne repousse que l'exagération et l'extravagance ; la poésie n'est pas faite pour habiter Charenton.
Peu d'écrivains ont développé ces principes avec plus de chalear et d'éloquence que Gbé> nier. Ils servaient de règle k ses jugements, et lui-même en a £iit dans ses ouvrages une heureuse ai
Je l'ai déjà dit , il n'hésitait point à reconnaître le mérite des poètes qui se présentaient dans la carrière qu'il avait choisie et parcou-i^ rue avec succès : aussi personne n'a mienx ap* précié qu'il ne l'a fait les belles productions de Duciset de La Harpe, de MM. Raynouard, Lemercier et Legouvé. Ses remarques sur les tragédies de l'auteur de Marius à Miaturnes sont dictées par la justice , et terminées par
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des réflexions qui s'adressent à une certaine classe de censeurs , lesquels abusent trop souvent des avantages d'une incurable stérilité.
ce £n général , dit-il , M. Arnault cherche toujours et trouve souvent des idées nouvelles 'y ses compositions lui appartiennent ; son style est nourri de pensées ; il est dans la force de l'âge , et ce qu'il a fait garantit ce qu'il peut faire encore. Il convient peut-être à des censeurs bassement jaloux de vouloir obscurcir tout succès auquel ils ne sauraient prétendre ; mais il est de l'honneur des gens de lettres, il est même de l'intérêt du public de prêter aux vrais talents un appui nécessaire à leur dignité comme à leurs progrès. »
Chénier, qui lançait avec tant de fermeté le trait satirique , savait donner à la louange des formes variées , souvent originales , toujours pleines d'agrément. Voici un éloge qui paraîtra heureusement inspiré , et pour l'exécation et pour Técrivain qui en est l'objet :
(( Chez les Grecs, Thalie était à la fois
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Muse et Gr&ce : c'est un avis donné aux poètes comiques , et personne ne l'a mieux entendu que M. Andrieux. y) Que de délicatesse dans ce rapprochement ingénieux ! je n'ai pas besoin de dire que de vérité !
J'aurais voulu m'arrèter sur tous les détails frappants de ce tableau , ou plutôt de cette galerie littéraire, où figurent la plupart des écrivains distingués de l'époque actuelle ; mais je crois en avoir dit assez , non pour contribuer au succès de l'ouvrage , il est assuré ; mais pour prouver aux étrangers que la France est moins dépourvue de talents que quelques critiques français , tout-à-fait désintéressés dans la question, aiment à le supposer. Trop souvent le mérite contemporain échappe à l'observation; nous rejetons sur l'avenir le poids de la reconnaissance et de l'estime ; c'est une espèce d'impôt que les générations futures sont presque toujours chargées d'acquitter.
FIN nu TOME TROISIBMB.