‹ uvres de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 4 sur 179 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

là des temps, des époques sans nombre; et leur classification sous les trois modes généraux présente d'extrêmes difficultés, pour ne pas dire d'étranges bizarreries. M. Domergue convient, avec Beauzée , que tous les temps des verbes doivent être classés sous les trois modes du temps réel : le présent, le passé, le futur. Toutefois, en partant du même principe , il arrive à d'autres résultats ; et, rejetant les tiois verbes auxiliaires imaginés par Beauzée, il offre un système beaucoup plus simple, et que nous croyons préférable. Parcourant toutes les parties de la science, M. Domergue, d'après d'Olivet, a éclairci la prosodie française. Après Dumarsais et Duclos, il a proposé de nombreux changemens à l'orthographe. Il va même plus loin qu'eux; et l'on aurait sur ce point bien des objections à lui faire ; mais tous ces travaux sont utiles : on lui doit plusieurs idées neuves; et , parmi les grammairiens vivans, il n'en est pas d'aussi inventeurs, il en est peu d'aussi éclairés.

Les lumières étendues de M. Sicard brillent d'une manière différente. Sans être arriéré sur aucune partie de la science, il semble redouter les innovations; et le principal mérite qu'il déploie dans ses Elémens de grammaire générale est d'exposer clairement les théories qu'ont inventées ses prédécesseurs. Il suit tour à tour Lancelot, Beauzée, Condillac, quelquefois, mais plus rarement.

Œuvres posthumes. III. 3

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M. Domergue. Il est tellement circonspect que,

pour l'orthographe , il n'approuve pas même les légers changemens faits par Voltaire , et qui n'ont pourtant d'autre défaut que celui d'être insuffisans. Néanmoins, dans une partie plus importante, les conjugaisons françaises, il adopte en entier l'opinion de Beauzée , sans être effrayé , sinon par les divisions multipliées d'un tel système, du moins par les singuliers résultats qui en sont la suite. x\u reste , le livre de JNI. Sicard est une grammaire complète : l'auteur va jusqu'à donner les règles de la versification française, et celles des petits genres de poésie; ce qui paraît dépasser la grammaire, et surtout la grammaire générale. Quelques lecteurs lui reprochent de pousser trop loin la clarté, d'ailleurs si nécessaire ; d'avoir peur de n'en jamais assez dire, et de prodiguer les développemens, au point que, dans son ouvrage , la partie relative aux conjugaisons est plus longue à elle seule que toute la Grammaire de Port -Royal. On ne risquerait point de telles censures, si l'on négligeait moins d'entrer dans l'esprit de Fauteur : il connaît la meilleure manière d'enseigner, comme il le prouve tous les jours, depuis qu'il dirige le célèbre étabhssement des Sourds - jNIuets. En composant sa Grammaire, il s'est occupé de ses élèves et des enfans. C'est pour cela qu'il fait succéder à ses chapitres autant de leçons dialoguées par demandes

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