‹ uvres de M. J. Chénier (volume 3)Chapitre 29 sur 50 · SUR UNE ÉDITION DE BOILEAU · texte numérisé non relu

SUR UNE ÉDITION DE BOILEAU

quelques observations de Voltaire. Il ne néglige pas des remarques de Le Brun , l'un de nos premiers lyriques, homme qui connaissait parfaitement notre langue , et surtout notre langue poétique. C'est dans ce goût que tous les classiques français devraient être commentés. Le fatras de Saint-Marc , de Bois-Germain , de Bret , fatigue le lecteur, et lui donne trop peu d'instruction. Corneille était le seul peut-être qui pût fournir un ample commentaire , et Voltaire le seul qui eût le talent et le droit de l'écrire ainsi. Pour Racine, La Fontaine , Pascal , Bossuet , Fénélon , il ne faudrait que des notes concises, indiquant les imitations que renferment leurs ouvrages, les expressions, les tournures nouvelles dont ils ont enrichi la langue, et jusqu'aux fautes qui leur sont échappées. Boileau lui-même avait proposé des travaux de ce genre à l'Académie française, ainsi que nous l'apprend d'Olivet ; et Voltaire a renouvelé cette proposition, comme on le voit par ses lettres à Duclos. Espérons qu'un jour leur vœu sera rempli; ces travaux seraient d'une utilité plus réelle que d'autres occupations auxquelles la routine et la paresse attachent depuis un siècle une importance exagérée.

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