‹ uvres de M. J. Chénier (volume 4)Chapitre 200 sur 269 · ACTE IV, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IL

Vous gémissez! vous me glacez d'effroi.

Amélie...

Apprenez...

Dieu! votre cœur soupire!

IS A.URE

Ne craignez rien pour elle.

Achevez ; je respire.

L'orage se prépare, et va fondre sur nous.

D'où naît cette frayeur, et que redoutez-vous?

ISAURE

L'abbesse a vu de loin votre chère Amélie S'enfuir avec horreur loin de ce cloître impie.

Est-il vrai? mon enfant n'est donc plus en ces lieux?

I s AIT RE.

Elle en est déjà loin.

Soyez bénis, à cieux!

Pour la première fois vous m'avez exaucée. Quoi! ma tendre Amélie... Elle n'est point blessée?

I s ALI RE.

Non, non; tous les dangers ont respecté ses jours;

3i8 FÉNÉLON.

Une invisible main lui prêtait son secours. S'arrachant de vos bras, votre fille éplorée Quitte ce sombre abîme, éperdue, égarée, Traverse le jardin , vole , et sans balancer Sur le mur aussitôt je la vois s'élancer. L'éclair est moins rapide, et d'un faible treillage Ses mains, ses pieds à peine agitaient le feuillage. Monter, francbir le mur fut pour elle un instant; Je la chercbe des yeux, je l'appelle en tremblant; Je ne la voyais point, et déjà, dans la rue. Sa voix me répondait quand je suis accourue. Le ciel, a-t-elle dit, vient de me conserver; Va rassurer ma mère, et je cours la sauver.

O ma fille! o mon sang! tu me rendras la vie!

Des femmes de ce lieu craignez la troupe impie : Elles vont vous punir; sans doute leurs fureurs S'efforceront encor d'augmenter vos malheurs.

HÉ LOI SE

Les augmenter! l'enfer n'oserait v prétendre!

Dans ce noir souterrain je les entends descendre.

HÉLOÏSE

Ma fille est loin d'ici; je ne sens plus d'effroi.

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