‹ uvres de M. J. Chénier (volume 4)Chapitre 212 sur 269 · ACTE V, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IL

Héloïse respire! ô tendresse! ô surprise! C'est ici qu'est ma fille ! ici qu'est Héloïse ! Combien je vais l'aimer après tant de revers ! Que je vais la venger des maux qu'elle a soufferts ! Que tardons-nous ? Daignez me conduire auprès d'elle... Que d'Elmance enivré , que son époux fidèle Puisse encore à ses pieds lui redonner son cœur, Dût-il, en la voyant, mourir de son bonheur!

FÉNÉLON

Au nom du sentiment, et vertueux et tendre. Que vous lui consacrez, et qu'elle a droit d'attendre. Devant elle d'abord laissez-moi vous nommer; Songez qu'au bonheur même il faut s'accoutumer. A la mort, à l'oubli long-temps abandonnée, De ses nouveaux destins elle semble étonnée; D'un époux si chéri l'aspect inattendu Accablerait son cœur trop fortement ému. Elle sera long-temps languissante, affaiblie; Hélas! des maux sans nombre ont tourmenté sa vie. Par tant d'événemens agitée en ce jour. Celle que vous aimez repose en ce séjour. Je veux à son réveil lui parler de d'Elmance, Raconter sa tendresse, annoncer sa présence. Tandis qu'à vous revoir je vais la préparer. Dans la chambre prochaine il faut vous retirer.

De tous ses mouvemens mon cœur sera-t-il maître? 2 u 2

«8 FÉNÉLON

FÉNÉLON

Je vous avertirai quand vous pourrez paraître.

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