‹ uvres de M. J. Chénier (volume 4)Chapitre 217 sur 269 · FÉNÉLON, D'ELMANCE, HÉLOISE, AMÉLIE, ISAURE · texte numérisé non relu

FÉNÉLON, D'ELMANCE, HÉLOISE, AMÉLIE, ISAURE

Héloïse !

C'est lui!

AMÉLIE, ISAURE

Ciel!

HÉLOÏSE

Mon époux!

AMÉLIE

Mon père!

HÉLOÏSE

t Aimez-la bien, d'Elmance; elle a sauvé sa mère.

d'e LM AN CE.

Orna fille!

HÉLOÏSE

Embrassez l'enfant de notre amour.

Hélas! loin de vos yeux elle a reçu le jour.

Que vous avez souffert ! Des monstres que j'abhorre...

HÉLOÏSE

Non, je n'ai rien souffert, si vous m'aimez encore!

344 FENELON.

Je prétends vous venger; la loi doit les punir.

D'Elmance, je n'ai plus la force de haïr. Mon cœur las de tourmens, fatigué de vengeance, Est tout à la tendresse, à la reconnaissance.

( En luî montrant Isaure.)

Celle que vous voyez, par ses heureux secours, Dans le sein de l'abîme a prolongé mes jours; Elle a veillé sur moi , veillé sur Amélie ; Mon sort sera le sien : c'est ma plus tendre amie.

ISAURE

Tant que j'existerai, puissé-je vous servir!

En ce jour fortuné je dois tous vous bénir; Vous surtout, Fénélon, grand homme, ami fidèle, De la simple vertu rare et touchant modèle!

Approchez. Devant Dieu j'unis vos chastes mains : Aimez-vous; c'est la loi qu'il hnpose aux humains. Cette loi pour vos cœurs sera toujours sacrée. Héloïse , oubliez une chaîne abhorrée :

Vous renouvellerez , au pied de nos autels , Des nœuds qui seront purs, qui seront immortels. Vos malheurs publiés vaincront le fanatisme; Lu fin de vos revers confondra l'athéisme; L'infortune, en secret se nourrissant de pleurs.

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