POEME
Fier encor de ce jour où la terre étonnée Contemplait son triomphe, à sa suite enchaînée; Et César, méditant ses immenses destins; Et Brutus, héritier du vengeur des Romains, Divisés d'intérêts, de soins, âe pohtique. Unis dans ces momens par la cause publique.
Peuple envié du monde et protégé des cieux, Un spectacle aussi grand se présente à vos yeux. Osez en concevoir la plus digne espérance. O Français! il s'agit du bonheur de la France: Voyez se rassembler ses en fans, ses soutiens; Roi , pontifes , guerriers , magistrats , citoyens , Zélés pour le bien seul, sans orgueil et sans crainte, Attestant la justice et la vérité sainte. Jurant de réparer les fautes de vingt rois, D'abolir tous les maux consacrés par des lois. La France au milieu d'eux se plaît à les entendre; Et, fixant sur eux tous un regard noble et tendre:
«Citoyens! qu'aujourd'hui rien ne soit oublié; « Ajoutez, leur dit-elle, et tranchez sans pitié. a Qu'en vos heureuses mains l'Etat se renouvelle ; « Hâtez-vous d'affermir sa force qui chancelle. « Cette masse imposante, et dont l'œil est surpris, « N'étalerait bientôt que de honteux débris; « Edifice du tems, c'est le tems qui l'outrage. « Plus d'un cruel abus s'appelle encore usage.