HYMNE DU 9 THERMIDOR
Ne crains plus d'éclairer le triomphe des crimes; Remplace de ta sœur l'astre silencieux ; Les oppresseurs vaincus vont suivre leurs victimes ; Tu peux remonter dans les cieux.
Le peuple et le sénat ont repris leur puissance; Leur voix des noirs cachots rompt les portes d'airain ; Ecliafauds, où le crime égorgeait l'innocence, Tombez à ce cri souverain !
Renverse, 0 Liberté! cet autel homicide Où l'horrible anarchie, un poignard à la main. Comme autrefois Diane aux monts de la Tauride, S'apaisait par du sang humain.
Vous, que chante en pleurant l'amitié solitaire. Femmes, guerriers, vieillards, beauté, talens, vertus. Vous ne reviendrez plus consoler sur la terre Vos parens, qui vous ont perdus.
Ah! de vos noms sacrés la mémoire chérie Peut du moins quelquefois soulager nos douleurs; Du moins sur vos tombeaux la plaintive patrie A nos pleurs mêlera ses pleurs.
Vous accusez, du fond de vos augustes tombes, Les coupables vengeurs qui vous ont outragés ;
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(^est par de sages lois, non par des hécatombes. Que vos amis seront vengés.
Oui, pour la République un nouveau jour commence : Nous verrons, à la voix de vos mânes proscrits, L'iîumanité dressant l'autel de la clémence Sur vos respectables débris.
Première déité, des lois source immortelle, Toi , qu'on adorait même avant la liberté , Toi, mère des vertus, véritable Cybèle, Touchante et sainte Humanité !
Unis des intérêts qui paraissaient contraires; Un cœur qui sait haïr est toujours criminel : Au festin de l'oubli viens rassembler des frères. Pressés sur ton sein maternel.
La palme et le laurier, cueillis par le courage, De leur tige robuste ont orné nos remparts ; L'olivier de la paix verra sous son ombrage Fleurir la couronne des arts.
Une longue tourmente a grondé sur nos têtes ; Des rochers menacans nous présentent la morl ; La terre est près de nous : qu'importent les tempêies
Si la liberté vient au porl ?
HYMNE