EPITRE AU ROI
iVLoN ARQUE des Français, chef d'un peuple fidèle, Qui va des Nations devenir le modèle, Lorsqu'au sein de Paris, séjour de tes aïeux, Ton favorable aspect vient consoler nos yeux, Permets qu'une voix libre, à l'équité soumise, Au nom de tes sujets te parle avec franchise. Prête à la vérité ton auguste soutien, Et, las des courtisans, écoute un citoyen.
Des esclaves puissans qui conseillent les crimes Tu n'as pas adopté les sanglantes maximes; Le peuple, en tous les tems calomnié par eux, Trouve son défenseur dans un roi généreux. Des préjugés du trône écartant l'imposture, Louis sait respecter les droits de la nature. C'est au peuple en effet que tu dois ta splendeui ; Et sa grandeur peut seule affermir ta grandeur. En vain les ennemis du Prince et de la France, Etalant sans pudeur leur superbe ignorance ,
EPITRE AU ROI. 6i
Vont d'un adroit sophisme accuser mes discours :
Mentir avec adresse est le talent des cours.
Consulte la raison, immortelle science,
Et cette autre raison qu'on nomme expérience;
Exerce ton esprit, interroge ton cœur;
Et, des tems reculés sondant la profondeur,
Fais parler devant toi les fastes de l'histoire;
Examine quels noms, dévoués à la gloire.
De trente nations maintenant révérés,
Pour l'avenir entier sont devenus sacrés;
Et de quels noms affreux la mémoire flétrie
Recueille après cent ans l'horreur de la patrie.
Des ennemis du peuple on connaît les forfaits ; Les noms de ses amis rappellent des bienfaits. Mais il est trop de rois, il est trop de ministres, Qui, recourant toujours à des moyens sinistres. Oubliant que du peuple ils tiennent leur pouvoir. Regardent comme un droit ce qui n'est qu'un devoir. Ainsi des Armagnacs l'oppresseur tyrannique * , Des biens des Templiers l'usurpateur inique; Ainsi l'esclave-roi de l'orgueilleux Armand ^ , D'un ministre barbare imbécille instrument;