‹ uvres de M. J. ChénierChapitre 84 sur 141 · I. Mirabeau iiatiiiit à Marseille en i · texte numérisé non relu

I. Mirabeau iiatiiiit à Marseille en i

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De notre liberté naissante

Je vois les ennemis vaincus.

Le despotisme en vain conspire;

Le peuple ressaisit l'empire

Aux accens d'un nouveau Gracchus.

Sur une scène encor plus belle, Au nom du peuple et de la loi, Je l'entends, plein du même zèle.

Répondre à l'esclave d'un roi; Je vois son courage intrépide Dénoncer à ce roi perfide Les crimes de ses favoris ; Lorsque des héros mercenaires, Dans leurs exploits imaginaires.

Menaçaient les murs de Paris.

Silence! organes de l'envie; N'outragez plus notre soutien:

Songez que la France asservie A vu jMirabeau citoyen.

De ses vertus républicaines, Les fers, les cachots de Vincennes, N'ont point abattu la fierté :

C'est là que son mâle génie.

Sous la main de la tyrannie, Fondait de loin la liberté.

SUR LA MORT DE MIRABEAUr 3.>.

Couvre-toi d'un voile funèbre,

Témoin de ses brillans succès,

Tribune, que rendit célèbre

Le Démosthène des Français!

La France, mère inconsolable,

Perdant un fils inséparable,

A pris les vêtemens du deuil;

Et puissent des honneurs si justes

Consoler ses mânes augustes

Dans le silence du cercueil !

Adoptez ces lugubres marques , ' Français qui chérissez les lois!

On porte le deuil des monarques; Un seul grand homme vaut cent rois.

Ce Franklin, qui dans l'Amérique Fit régner la raison publique, Au monde était plus précieux Que tous ces princes dont la gloire Expire et s'éteint dans l'histoire.

Dès qu'on leur a fermé les yeux.

En vulgaires humains féconde,.

La Nature, à tous les instans.

Sème en foule au milieu du monde Des esclaves et des tyrans; Mais , quand l'argile qu'elle anime

Œuvres jinciennfs. III. ^'

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Enveloppe un esprit sublime, Et le cœur altier d'un héros , Son sein, qu'un tel effort aceahic, N'enfante un prodige semblable Qu'après un siècle de repos.

Jour d'épouvante ! heure suprême ' !

Du peuple l'immortel appui

Expire au sein du peuple même,

En s'occupant encor de lui.

La douleur le trouve impassible:

D'vm front serein, d'un œil paisible,

Il envisage son trépas;

Et son àme ferme et sublime

S'agrandit en voyant l'abîme

Qui vient de s'ouvrir sous ses pas.

Des pontifes langage austère, Mortels apprêts, pieux tourmens, Mirabeau va quitter la terre, Epargnez ses derniers momens.

Fuyez son vénérable asile.

1. Mirabeau mourul a Paris, en 1791 , tlans la riu' de la Cliausée-d'Antin où il demeurait, et à laquelle on donna son nom.

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