C. Mémoire et rappel complet des sons oraux
Double réminiscence.
La détermination vocale est aperçue à la fois et instantanément en elle-même et dans le résultat ou l'impression auditive qui acquiert ainsi, à l'exclusion de toute idée sensible, cette propriété de redoublement intérieur caractéristique de la réflexion. C'est là qu'est la source et le mobile de cette faculté, séparée par Locke de \a. sensation, et identifiée ensuite par Condillac avec toute sensation en général.
Le mouvement vocal ou oral et la perception auditive interne se trouvent compris indivisiblement dans un vouloir unique et constituent une seule action ou idée complète- Ici encore le simple s'enveloppe et le composé seul se réfléchit. C'est ce composé qui devient signe et qui réunit bien toutes les conditions d'un véritable signe intellectuel.
Les mouvements vocaux sont aux impressions directes de l'ouïe ce que les actes propres du toucher sont aux simples sensations de tact, ou encore aux représentations passives des couleurs. Tout ce qui se trouve immédiatement lié à ces deuxsortes de mouvements dans l'exercice respectif de l'ouïe et du toucher, est par là même dans la mémoire, ou docile au rappel ; le reste en est séparé ou ne subsiste que dans l'imagination spontanée. Ainsi comme la mémoire des formes et des figures peut être séparée de la représentation des nuances de couleur, et l'est toujours du souvenir des sensations de tact (telles que le
chaud, le froid, etc., qui ne se reproduisent point), ainsi la mémoire des sons articulés subsiste nettement, tandis que les qualités du son qui s'adressent seulement à l'ouïe, échappent au rappel. 11 n'y a d'idée et de véritable mémoire que des mouvements ou actes, et par suite, des choses imitables par ces mouvements, que la volonté répèle. Or, nulle sensation ou chose simplement sentie n'est imitable, et les deux seuls sens imitateurs sont la main et la voix; ce sont eux seuls (ou