SUBSTANTIA BEI
Enfin il n'est pas possible que Dieu ait d'autre fin principale de ses actions que lui-même; c'est une notion commune à tout homme capable de quelque réflexion, et l'Écriture sainte ne nous permet pas Ae douter que Dieu n'ait fait toutes choses pour lui. ^ ^^ donc nécessaire que non-seulement notre amour ^^^^ rel, je veux dire le mouvement qu'il produit dat^$ poire esprit, tende vers lui, mais encore que la connaissance et que la lumière qu'il lui donne nous fasse cop^*^^^^ quelque chose qui soit en lui ; car tout ce qui vie^^^
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esprir, et l'idée de cet esprit pour le soleil et non pas pour lui.
Dieu ne peut donc faire un esprit pour connaître ses ouvrages, si ce n'est que cet esprit voie en quelque façon Dieu en voyant ses ouvrages. De sorte que l'on peut dire que si nous ne voyions Dieu en quelque manière, nous ne verrions aucune chose * ; de môme que si nous n'aimions Dieu, je veux dire si Dieu n'imprimait sans cesse en nous l'amour du bien en général, nous n'aimerions aucune chose. Car cet amour étant notre volonté, nous ne pouvons rien aimer ni rien vouloir sans lui, puisque nous ne pouvons aimer des biens particuliers qu'en déterminant vers ces biens le mouvement d'amour que Dieu nous donne pour lui. Ainsi comme nous n'aimons aucune chose que par l'amour nécessaire que nous avons pour Dieu, nous ne voyons aucune chose que par la connaissance naturelle que nous avons de Dieu ; et toutes les idées particulières que nous avons des créatures ne sont que des limitations de Tidée du créateur, comme tous les mouvements de la volonté pour les créatures ne sont que des déterminations du mouvement pour le créateur.
Je ne crois pas qu'il y ait deux théologiens qui ne tombent d'accord que les impies aiment Dieu de cet amour naturel dont je parle ; et saint Augustin et quelques autres Pères assurent comme une chose indubitable que les] impies voient dans Dieu* les règles des