‹ Œuvres de Malebranche (volume 2)Chapitre 327 sur 415 · IV · texte numérisé non relu

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f90 RECQERGHE DE LA YÉRITÉ.

nous fait raisonner conséquemment. Nous rendant attentifs à ce que nous considérons, elle nous le fait connaître évidemment. Nous reconnaissons môme par elle si nos suppositions sont fausses; car étant toujours certains que nos raisonnements sontvrais, et Tezpérience ne s'accordant point avec eux, nous découvrons que les principes supposés sont faux. Mais sans la géométrie et Tarithmétique on ne peut rien découvrir dans les sciences exactes qui soit un peu difOcile, quoiqu'on ait des principes certains et incontestables.

On doit donc regarder la géométrie comme une espèce de science universelle qui ouvre l'esprit, qui le rend attentif, et qui lui donne l'adresse de régler son imagination et d'en tirer tout le secours qu'il en peut recevoir : car, par le secours de la géométrie, l'esprit règle le mouvement de l'imagination, et l'imagination réglée soutient la vue et l'application de Tesprit.

Mais aGn que Ton sache faire un bon usage de la géométrie, il faut remarquer que toutes les choses qui tombent sous Timagination ne peuvent pas s'imaginer avec une égale facilité; car toutes les images ne remplissent pas également la capacité de l'esprit. Il est plus difûcile d'imaginer un solide qu'un plan, et un plan qu'une simple ligne : car il y a plus de pensée dans la vue claire d'un solide que dans la vue claire d'un plan et d'une ligne. Il en est de même des différentes lignes ; il faut plus de pensée, c'est-à-dire plus de ca* pacité d'esprit, pour se représenter une ligne parabolique ou elliptique, ou quelques autres plus composées, que pour se représenter la circonférence d'un cercle, et plus pour la circonférence d'un cercle que pour une ligne droite, parce qu'il est plus difûcile d'imaginer des lignes qui se décrivent par des mouvements fort composés et qui ont plusieurs rapports, que celles qui se décrivent par des mouvements très-simples ou

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