I.tnip
^inalion et notre esprit ne doivent point s'abattre devant ia grandeur et la puissance imaginaire des causes qui ne sont point causes; qu'il ne faut ni les aimer, ni les craindre; qu'il ne faut point s'en occuper ; qu'il ne faut penser qu'à Dieu seul , voir Dieu en toutes choses, adorer Dieu en toutes choses, craindre et aimer Dieu en toutes choses.
Mais ce n'est pas là l'inclination de quelques philosophes, ils ne veulent point voir Dieu , ils ne veulent point penser à Dieu ; car depiiis le péché il y a une secrète opposition entre Thomme et Dieu. Ils prennent plaisir à se fabriquer des dieux à leur fantaisie, et ils aiment et craignent volontiers les fictions de leur imagination , comme les païens les ouvrages de leurs mains. Ils sont semblables aux enfants qui tremblent devant leurs compagnons après les avoir barbouillés. Ou si l'on veut une 'comparaison plus noble, quoiqu'elle ne soit peut-être pas si juste, ils ressemblent à ces fameux Romains qui avaient de la crainte et du respect pour les fictions de leur esprit, et qui adoraient sottement leurs empereurs après avoir lâché l'aigle dans leurs apothéoses.