‹ Œuvres de Malebranche (volume 3)Chapitre 2 sur 174 · Corpus quod corrumpitur aggravai animam. Sap · texte numérisé non relu

Corpus quod corrumpitur aggravai animam. Sap

5. Terrena inhabitatto deprimit sensum muUa cog'tantem, et difficile ipstimamns quiP in terra »nnt, et quw inproflpectnsunt inTcnimusciim labore. .Sr»/ï.9, 15,

rfclil'ACE. VII

que par rattention de l'esprit que toules les vtïriléd so découvrent, et que toutes les sciences s'apprennent ; parce qu'en effet l'atlendon de l'esprit n'est que son retour et sa conversion vers Dieu, qui est notre seul maître^, et qui seul peut nous instruire de toute vérité, par la manifestation de sa substance, comme parle saint Augustin^.

Il est visible par toutes ces choses qu'il faut résister sans cesse à Teffort que le corps fait contre l'esprit, et qu'il faut peu à peu s'accoutumer à ne pas croire les rapports que nos sens nous font de tous les corps qui nous environnent , qu'ils nous représentent toujours comme dignes de notre application et de notre estime; parce qu'il n'y a rien de sensible à quoi nousdevipns nous arrêter, ni de quoi nous devions nous occuper. C'est une des vérités que la sagesse éternelle semble avoir voulu nous apprendre par son in^ carnation; car après avoir élevé une chair sensible à la plus haute dignité qui se puisse concevoir , il nous a faitconnaitre par l'avilissement où il a réduit cette même chair, c'est-àKlire par l'a^ viiissement de ce qu'il y a de plus grand entre les choses sensi* blés , le mépris que nous devons faire de tous les objets de nos sens '. C'est peut-être pour la même raison que saint Paul disait, qu il ne connaissait plus Jésus^Christ selon la chair * : car ce n'est pas à la chair de Jésus-Christ qu'il faut s'arrêter , c'est à l'esprit caché sous la chair; Caro vas fuit quod habebat: attende; nonquod erat, dit saint Augustin^. Ce qu'il y a de visible ou de sensible dans Jésus-Christ ne mérite nos adorations qu'à cause de l'union avec le Verbe, qui ne peut être l'objet que de l'esprit seul.

Il est absolument nécessaire que ceux qui se veulent rendre sages et heureux soient entièrement convaincus, et comme pénétrés de ce que je viens de dire. Il ne suffit pas qu'ils me croient sur ma parole ni qu'ils en soient persuadés par l'éclat d'une lumière passagère : il eéi nécessaire qu'ils le sachent par mille expériences et mille démonstrations incontestables : il faut que ces vérités ne se puisient jamais effacer de leur esprit, et qu'elles leur soient présentes dans toutes leurs études et dans toutes les autres occupa^ tiens de leur vie.

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