Lib
obscures, et il semble qu'il n'aperçoive pas les idées même les plus claires Qt les plus évidentes. Si je m'arrêtais à rapporter des passages de cet auteur pour justiBer ce que je dis, je ferais une digression trop longue et trop ennuyeuse. S*il est permis de faire quelques réflexions qui arrêtent pour un moment Tesprit sur des ^é^ités essentielles, il n'est jamais permis de faire des digressions qui détournent Tesprit pendant un temps considérable de l'attention à son principal sujet , pour l'appliquer à des choses de peu d'importance.
On vient d'expliquer les causes générales tant extérieures qu'ln** térieares qui produisent du changement dans les esprits animaux , et par conséquent dans la faculté d'imaginer. On a fait voir que leà extérieures sont les viandes dont on se nourrit et l'air que l'on respire, et que l'intérieure consiste dans Tagitation involontaire de certains nerfs. On ne sait point d'autres causes générales et l'on assure même qu'il n'y en a point. De sorte que la faculté d'imagi'* ner ne dépendant de la part du corps que de ces deux choses , sa*' voir, des esprits animaux et de la disposition du cerveau sur lequel ils agissent, il ne reste plus ici pour donner une parfaite connaissance de l'imagination que d'exposer les différents changemeuts qui peuvent arriver dans la substance du cerveau. Mais avant que d'examiner ces changements il est à propos d'expliquer la liaison de nos pensées avec les traces du cerveau, et la liaison réciproque de ces traces. Il faudra aussi donner quelque idée de la mémoire et des habitudes, c'est-à-dire de cette facilité que nous avons de penser à des choses auxquelles nous avons déjà pensé, et de faire des choses que nous avons déjà faites.