Writas filia IcMii^or s, non aiirtoritiitis
DE L'IMAGliNATlON. — II* PARTIE. 155
science des opinions anciennes est encore en vogue, et qu'il n*y a que ceux qui font usage de leur esprit qui puissent, par la force de leur raison, se mettre au-dessus des méchantes coutumes. Quand on est dans la presse et dans la foule, il est difficile de ne pas céder au torrent qui nous emporte.
En dernier lieu, parce que les hommes n'agissent que par intérêt; et c'est ce. qui fait que ceux mêmes qui se détrompent et qui reconnaissent la vanité de ces sortes d'études ne laissent pas de s'y appliquer , parce que les honneurs , les dignités et même les bénéfices y sont attachés , et que ceux qui y excellent les ont toujours plutôt que ceux qui les ignorent.
Toutes ces raisons font, ce me semble, assez comprendre pourquoi les hommes suivent aveuglément les opinions anciennes comme vraies, et pourquoi ils rejettent sans discernement toutes les nouvelles comme fausses ; enfin pourquoi ils ne font point, ou presque point d'usage de leur esprit. Il y a sans doute encore un fort grand nombre d'autres raisons plus particulières qui contribuent à cela; mais si l'on considère avec attention celles que nous avons rapportées , on n'aura pas sujet d'être surpris de voir l'entêtement de certaines gens pour l'autorité des anciens.