‹ Œuvres de MalebrancheChapitre 101 sur 229 · IV · texte numérisé non relu

IV

182 « RECaERGHE DE LA VÉRITÉ.

sentiments qui convainquentsensiblement que l'on tient à certaines choses pour lesquelles ils excitent de Tamour. Or Ton ne sent point Tunion naturelle qu'on a avec Dieu lorsqu'on connaît la vérité ; on ne pense pas même à lui ; car il est et opère en nous d'une manière si secrète et si insensible que nous ne nous en apercevons pas. L'union que nous avons naturellement avec Dieu n'excite donc point notre amour pour lui. Mais il n'en est pas de même de l'union que nous avons avec les choses sensibles. Tous nos sentiments prouvent cette union : les corps nous frappent la vue lorsqu'ils . agissent en nous, leur action n'a rien de caché. Notre propre corps nous est même plus présent que noire esprit, et nous le considérons comme la meilleure partie de nous-mêmes. Ainsi l'union que nous avons avec notre corps, et par notre corps, à tous les objets sensibles, excite en nous un amour violent qui augmente cette union, et qui nous rend dépendants des choses qui sont infmiment au-dessous de nous.

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