‹ Œuvres de MalebrancheChapitre 157 sur 229 · LIVRE SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME

les choses ont entre elles en les comparant immédiatement, la seconde règle est : qu'j7 faut découvrir par quelque effort d'esprit une ou plusieurs idées moyennes qui puissent servir comme de mesure commune pour reconnaît tre par leur moyen les rapports qui sont entre elles. Il faut observer iDviolablemen( que ces idées soient claires et distinctes h proportion que Ton tâche de découvrir des rapports plus exacts et en plus grand nombre.

Mais lorsque les questions sont difficiles et de longue discussion, la troisième règle est : qu'il fautretran^ cher avec soin du sujet que F on doit considérer toutes les choses qu'il n*est point nécessaire d* examiner pour découvrir la vérité que Von cherche. Car il ne faut point partager inutilement la capacité de l'esprit, et toute sa force doit être employée aux choses seules qui le peuvent éclairer. Les choses que Ton peut ainsi retrancher sont toutes celles qui ne touchent point la question, et qui étant retranchées, la question subsiste dans son entier. Lorsque la question est ainsi réduite aux inpindres termes, la quatrième règle est: qu'il faut diviser le sujet de sa méditation par parties, et les considérer toutes les unes après les autres selon F ordre naturel, en commençant par les plus simples^ c'est-à-dire par celles qui renfermant moins de rapports, et ne passer jamais aux plus composées avant que d'avoir reconnu distinctement les plus simples^ et se les être rendues familières.

Lorsque ces choses sont devenues familières par la méditation, la cinquième règle est: qu'on doit en abréger les idées et les ranger ensuite dans son imagination, ou les écrire sur le papier, afin qu'elles ne remplissent plus la capacité de ^esprit. Quoique cette règle soit toujours utile, elle n'est absolument nécessaire que dans les questions très-difficiles et qui demandent une grande étendue d'esprit, à cause qu'on n'étend l'esprit qu'en abrégeant ses idées. L'usage de cette règle et de

celles qui suivent ne se reconnaît bien que dans Tal* gèbre.

Les idées de toutes les choses qu'il est absolument nécessaire de considérer étant claires, familières, abrégées et rangées par ordre dans l'imagination ou exprimées sur le papier, la sixième règle est : qu'il faut les comparer toutes selon les règles des combinaisons, allernativement les unes avec les autres^ ou par la seule vue de r esprit, ou par le mouvement de l'imagination accompagné de la vue de l'esprit y ou par le calcul de la plume joint à l'attention de V esprit et de V imagination.

Si, de tous les rapports qui résultent de toutes ces comparaisons, il n'y en a aucun qui soit celui que Von cherche, il faut de nouveau retrancher de tous ces rapports ceux qui sont inutiles à la résolution de la question; se rendre les autres familiers, les abréger et les ranger par ordre dans son imagination, ou les exprimer sur le papier; les compare?^ ensemble selon les règles des combinaisons, et voir si le rapport composé que l'on cherche est quelqu'un de tous les rapports composés qui résultent de ces nouvelles comparaisons.

S'il n*y a pas un de ces rapports que Ton a découverts qui renferme la résolution de la question, il faut de tous ces rapports retrancher les inutiles, se i^endre les

autres familiers, etc Et en continuant de cette

manière, on découvrira la vérité ou le rapport que l'on cherche, si composé qu'il soit, pourvu qu'on puisse étendre suffisamment la capacité de l'esprit en abrégeant ses idées, et que dans toutes ces opérations l'on ait toujours en vue le terme oîi l'on doit tendre. Car c'est la vue continuelle de la question qui doit régler toutes les démarches de l'esprit, puisqu'il faut toujours savoir où l'on va.

Il faut surtout prendre garde à ne pas se contenter de quelque lueur ou de quelque vraisemblance, et recora-

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