IV
98 RëCUERCUE de LA VERITE.
naît point sa substance parfaitement, secundum omnetn modum quo cognoscibilis est; qui ne connaît point com* ment elle est modifiée par la perception qu'elle a des objets; que dis-je I elle qui se confond avec le corps, et qui ne sait pas souvent quelles sont les modalités qui lui appartiennent ; elle enfin qui, lorsqu'on la touche, ou que les idées l'affectent par leur efficace, sent en ellemême ses modalités ou ses perceptions, car où pourraitelle les sentir ailleurs? mais qui ne découvrira jamais clairementcequ'elleest,sa nature, ses propriétés, toutes les modalités dont elle est capable, jusques à ce que la substance lumineuse et toujours efficace de ladivi* nité lui découvre l'idée qui la représente, l'esprit intelligible, le modèle éternel sur lequel elle a été formée? Mais tâchons d'éclaircir encore cette matière, et de forcer tout esprit attentif à se rendre à cette proposition, qui m'avait paru claire par elle-même, que rien de fini ne peut représenter l'infini.
Il est certain que le néant ou le faux n'est point visible ou intelligible. Ne rien voir, ce n'est point voir ; penser à rien, c'est ne point penser. Il est impossible d'apercevoir une fausseté, un rapport, par exemple, d'égalité entre deux et deux et cinq ; car ce rapport ou tel autre, qui n'est point, peut être cru, mais certainement il ne peut être aperçu, parce que le néant n'est pas visible. C'est là proprement le premier principe de toutes nos connai^ances ; c'est aussi celui par lequel j'ai commencé* les Entretiens sur la métaphysique y dont il est à propos de lire les deux premiers; car celui-ci, ordinairement reçu des cartésiens, qu'on peut assurer d'une chose ce que Ton conçoit clairement être renfermé dans l'idée qui la représente, en dépend; et il' n'est vrai qu'en supposant que les idées sont immuables, nécessaires et divines. Car si nos idées n'étaient
que nos perceptions, si nos modalités étaient représen-