CHAPITRE V
Que la perfection de l'esprit consiste dans son union avec Dieu par la connaissance de la vérité et par l'amour de la vertu ; et au contraire que son imperfection ne vient que de sa dépendance du corps à cause du désordre de ses sens et de ses passions.
La plus petite réflexion est sufOsantepour reconnaître que le bien de l'esprit est nécessairement quelque chose de spirituel. Les corps sont beaucoup au-dessous de resprit;ils ne peuvent agir sur lui par leurs propres forces, ils ne peuvent môme s'unir immédiatement à lui ; enfin ils ne sont point intelligibles par eux-mêmes: ils ne peuvent donc être son bien. Les choses spirituelles, au contraire, sont intelligibles par leur nature; elles peuvent s'unira l'esprit: elles peuvent donc être son bien, supposé qu'elles soient au-dessus de lui; car, afin qu'unechosepuisseêtrelebiende l'esprit, il ne suffit pas qu'elle soit spirituelle comme lui, il est encore nécessaire qu'elle soit au-dessus de lui, qu'elle puisse agir sur lui, l'éclairer et le récompenser; autrement elle ne peut le rendre ni plus parfait ni plus heureux, et par conséquent elle ne peut être son bien. De toutes les choses intelligibles ou spirituelles, il n'y a que Dieu qui soit en cette manière au-dessus de l'esprit; il s'ensuit donc qu'il n'y a que Dieu qui soit ni qui puisse être notre vrai bien. Nous ne pouvons donc devenir plus parfaits ni plus heureux que parla possession de Dieu.
Tout le monde est convaincu que la connaissance de