Le mot bien manque dans la copie
4. Cette phrase nous donne la date de l'année où la lettre a été écrite : le ballet de Madame eut lieu le jo, mars 161 5. — Voyez au tome I , p. 228, la notice de la pièce lxxii. *
Lettre 109. — 1. Cette lettre, la 7e du livrft dans l'édition de i63o (p. 5 10), avait été publiée antérieurement dans le recueil de Faret (édition de 1627), p. 1. — Le fils aîné de M. de Termes, N. de Saint-Lary, mourut jeune, en 1621, et précéda de bien peu son père, car celui-ci fut tué le a 3 juillet de la même année au siège de Clérac. La lettre de Malherbe, puisqu'elle fait allusion à la mort de Philippe m, arrivée le 3i mars précédent, n'a pu être écrite au plus tôt qu'au mois d'avril.
a*o LETTRES A DIVERS.
velle m'a donné cette vanité, que de tous ceux qui en cette occasion vous consoleront, il croit que je suis celui que vous écouterez le plus volontiers, et qui aura le plus de pouvoir sur votre esprit. Je sais bien, Monsieur, qu'il n'y a si mauvais père qui sans quelque regret puisse être privé du plus mauvais (ils qui soit au monde. C'est pourquoi ayant toujours reconnu en vous un parfaitement bon naturel, et en Monsieur votre fils des qualités parfaitement aimables, je ne veux pas nier qu'en la nouveauté de cet accident vous ne fussiez extrêmement insensible, si votre ennui demeuroitdans la médiocrité. Les amitiés que les opinions nous impriment commencent légèrement , et finissent de même. Un foible soupçon les ébranle, une petite offense les ruine. Celles qui ont leur naissance dans le» sentiments de la nature, s'attachent en nous avec des racines si profondes, qu'il n'y a qu'une violence prodigieuse qui soit capable de les en arracher. Mais après tout, Monsieur, quand vous vous serez abandonné au désespoir, et que pour complaire à votre douleur vous aurez désobligé tous ceux qui vous prient de la diminuer, doutez-vous que le temps n'obtienne de vous ce que vous Apurez pas voulu accorder à la raison ? Vous avez beaucoup perdu, je l'avoue. Ce seroit un compliment injurieux de vouloir, pour faire cesser vos plaintes, calomnier celui ' pour qui vous les faites*. Mais avec quel prétexte pouviezvous espérer de ne le perdre jamais ? J'ai bien certes ouï parler de quelques personnes, voire de quelques races, à qui Dieu a donné des privilèges extraordinaires ; mais de celui de ne mourir pas, je suis encore à en voir le premier exemple. Remettez- vous devant les yeux toutes les maisons que vous connoissez : en trouverez- vous une où vous
s. Var. (recueil de Faret) : calomnier le mérite de celui, etc. 3. Malherbe a mis en vers la même idée. Voyez tome I, pièce xi, p. 39, vers 9-12.
LETTRES A DIVERS. an
n'ayez vu des larmes4 pour le même sujet qui est aujourd'hui la cause des vôtres? Laissons là les conditions privées. S'il y a quelque chose de grand au monde, vous m'accorderez qu'il est au Louvre. Et cependant, sans nous souvenir des choses passées, n'y voyez-vous pas aujourd'hui notre très-bonne et très-belle reine en deuil pour la mort du roi son père1 , père de qui chacun sait qu'elle étoit incomparablement aimée, et roi qui ne tenoit guère moins que la quatrième partie du monde en l'étendue de ses États? Non, non, la mort n'est ennemie ni d'un peuple, ni d'une famille ; elle est ennemie du genre humain ; et comme sa nécessité n'a point de remède, sa rigueur n'a point aussi d'exception. Autant de fois que nous voyons les portes de nos voisins tendues de noir, autant de fois sommes-nous avertis que les nôtres auront le même parement au premier jour. Je sais bien que vous direz que c'est l'ordre de la nature*, que le père meure premier que le fils. Il est vrai qu'il n'y a père ni mère qui ne tienne le même langage; mais à quel propos voudroiton que la mort suivit les affections de la nature, elle qui fait profession de n'être au monde que pour la ruiner ? Les années sont toutes de douze mois : c'est une borne où toujours elles arrivent, et qu'elles n'outre-passent jamais. Il n'en est pas de même de nos vies : leur durée est courte ou longue, comme il platt à celui qui nous les donne. Tantôt il arrache le fruit en sa verdeur, tantôt il en attend la maturité, tantôt il le laisse pourrir sur l'arbre; mais quoi qu'il fasse, les créatures doivent cette submission à leur créateur, de croire qu'il ne fait rien que justement. Il n'offense ni ceux qu'il prend jeunes , ni ceux qu'il laisse devenir vieux. De demander pourquoi il fait les