‹ Œuvres de Malherbe (volume 3)Chapitre 229 sur 298 · STANCES II · texte numérisé non relu

STANCES II

M'offusque les esprits, et les aille bandant. Bander les esprits est mal parlé, en cette signification, car il semble

que bander Us esprits , ce soit leur faire faire un effort ; et davantage, U devoit dire : et les bande, comme il a dit : Us offusque.

Soit que devant mes yeux sans cesse elle revienne,... Ou soit que de mes pleurs elle se fasse belle. Je lui trouve toujours quelque beauté nouvelle. Cela ne peut pas être cause d'y trouver toujours quelque beauté nouvelle.

Soit que son jeune cœur ne puisse être adouci, Soit qu'aux pleurs et aux cris il devienne endurci. Soit qu'aux pleurs , etc. Cette ligne ne diffère point en sens de la précédente. Or soit ne se doit mettre qu'en choses différentes, ou pour le moins diverses. Toutefois il se peut excuser, parce que le premier vers veut dire : soit que pour être trop jeune , elle ne sache encore que cest que d'amour; mais il ne s'est pas bien expliqué , pource que jeune semble un épithète oisif.

Ou soit que comme femme elle hait qui l'adore. Haïsse, comme le reste.

Le feu sera pesant, la terre aura sa place, /ta, sa, pla.

Pour alléger mon esprit languissant, Qu'amour tenaille à secrètes atteintes.

Impropre.

Car j'étois impuissant

Pour résister à deux déités saintes.

Beaucoup ont donné cet épithète à la deité ; mais je doute s'il se doit faire, car quelles déités sont profanes?

Eussent rendu tout brave obéissant.

Nota.

CHANSON I

Cette chanson est extravagante. Elle n'a que deux couplets, dont l'un est d'une façon, et l'autre d'une autre : si bien qu'à chacun il faudrait un air particulier.

N'avoit tant d'hameçons pour les Ames at traire. Attraire est un mauvais mot.

Ces six derniers vers (du sonnet) ne se rapportent nullement aux huit premiers.

Je tous vois contre moi la haine entretenir. Mal , pour haïr.

Changeant de naturel, m'aimerez-vous, Madame ? Ces vocatifs sont mal à la fin des vers de cette mesure. Malherbe, rv a a

Et puis j'aime trop mieux voua aimer tans espoir, etc. Car l'amant est toujours plu* divin que rainée. Voilà un chétif car.

Trouvant la place vide et tans nulle pensée. Cette imagination ett saugrenue , si jamais il en lut. — Une plmce sans pensée ne se peut dire. Je sais bien que la place dont il parle, c'est le cœur; mais tout ce qui convient au signifié ne convient pas toujours au signifiant.

Peut-être afin qu'un jour, quand ma dépouille entière Sera réduite en cendre, et faute de matière S'amortira d'un coup mon triste embrasement, etc. H mot dire : ai que faute Je, etc.

SONNET XXXY1II.

Assez je me tiendrais en mes maux guerdônné. Dure transposition.

Il y a ici de quoi faire un bon sonnet.

Et que le bien du tout impossible d'avoir. Faute de grammaire. On dit bien : c'est chose qu'il est impossible d avoir; mais on dit : c'est chose impossible à avoir, à faire, à prendre t etc. ; et non : c'est chose impossible de faire , pour dire : il est impossible de faire. Dis : c'est un bien au il est impossible d'avoir, mais ne ois pas : c'est 10» bien impossible d'avoir.

Rien, sinon des tourments f je n'attends recevoir. Note.

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