POUR LE PREMIER BALLET DE MONSEIGNEUR LE DAUPHIN
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Saint-Marc et, après lui, les autres éditeurs de Malherbe ont en tort d'assigner i ce sonnet (imprimé pour la première fois, je crois, dans Tédition de i63o) la date de 1610. Le Dauphin dansa, il est vrai , un ballet i la fin de férrier de cette année, mais ce n'était pas le premier, car, dans une lettre écrite par Malherbe i M. de Galas, le 6 mars 1608, je trouve le passage suivant : c La mort du comte de Montpensier a empêché M. le Dauphin de danser un ballet, combien qu'il fût venu exprès ici pour cela. Le Roi en eut le plaisir à Saint-Germain le soir du premier jeudi de carême, et certainement ceux qui y étoient présents disent que de bien grandes personnes eussent été fort empêchées de s*en acquitter si dignement. Les personnages du ballet étoient M. le Dauphin , Madame, M. le cheralier de Vendôme, Mademoiselle de Vendôme, M. et Mademoiselle de Vemeuil et quatre ou cinq autres petits garçons de leur âge. » — Cest donc vers le mois de mars 1608 que fut composé le sonnet ci-deisoas.
Voici de ton État la plus grande merveille , Ce fils où ta vertu reluit si vivement ; Approche-toi, mon prince, et vois le mouvement Qu'en ce jeune Dauphin la musique réveille.
Qui témoigna jamais une si juste oreille 5
A remarquer des tons le divers changement; Qui jamais à les suivre eut tant de jugement, Ou mesura ses pas d'une grâce pareille?
io6 POÉSIES, XXVI.
Les esprits de la cour s'attachant par les yeux
A voir en cet objet un chef-d'œuvre des cieux, i o
Disent tous que la France est moins qu*il ne mérite;
Mais moi que du futur Apollon avertit,
Je dis que sa grandeur n'aura point de limite,
Et que tout Tunivers lui sera trop petit.