Êtéocle et Polynice
Que vivre au siècle de Marie,
Sans mensonge et sans flatterie ,
Sera vivre au siècle doré. 1 a o
Les Muses , les neuf belles fées ,
Dont les bois suivent les chansons,
Rempliront de nouveaux Orphées
La troupe de leurs nourrissons;
Tous leurs vœux seront de te plaire; i a 5
Et si ta faveur tutélaire
Fait signe de les avouer,
Jamais ne partit de leurs veilles
Rien qui se compare aux merveilles
Qu elles feront pour te louer. 1 3 o
En cette hautaine entreprise,
Gonmiune à tous les beaux esprits.
Plus ardent qu'un athlète à Pise,
Je me ferai quitter le prix ;
Et quand j'aurai peint ton image , 1 3 5
Quiconque verra mon ouvrage,
Avoùra que Fontainebleau ,
i33. Pise, Tille d'Élide, titaée à peu de distance d*01ympie, où les jeux olympiques se célébraient tous les quatre ans. CTest de cette ville que parle Malherbe dans la Tingt-buitième stropbe de la variante de la pièce xxvn.
1 35- 140. Dans Tédition de i63o, où ils sont publiés pour la première fois, et dans les suivantes, on a placé séparément et comme fragment les vers suivants, qui ne sont qu'une variante de cette stropbe :
Et quand j'aurai peint ton image Comme j'en prépare l'ouvrage , Sans doute on dira quelque jour :
Quoi que d'Apelle on nous raconte, Malberbe pouvoit à sa bonté Achever la mère d* Amour.
i88 POÉSIES, LUI.
Le Louvre, ni les Tuileriet,
En leurs superbes galeries
N^ont point un si riche tableau. 1 4 »
Apollon à portes ouvertes
Laisse indâféremment cueillir
Les belles feuilles toujours vertes
Qui gardent les noms de vieillir;
Mais Fart d en faire les couronnes 145
N'est pas su de toutes personnes;
Et trois ou quatre seulement ,
Au nombre desquels on me range.
Peuvent donner une louange
Qui demeure éternellement. 1 5 o
145* Vas. (L et R) : IVen faire des conroniies.
ÉPITAPHE DE FEU MOfTSEIGlTEUR LE DUC D'oRUfiAJTS.
N. de Franoe, duo d'Orléanf, second fib de Henri IV, né à Fontainebleau le 16 avril 1607, mort le 17 norembre 161 1, sani aroir été nommé.
L*épitaphe parut, en i6ao, dam les tomes I et II des DéUeet de la poésie française,
f M. de Segrais m*a dit , rapporte Ménage , qn*il aroit oui dire autrefois à feu M. le duc d'Orléans, Gaston de France, que les religieux de Saint-Denis en France aroient refusé de mettre dans leur église où ce petit duc d'Orléans est enterré, ce sonnet de Malherbe, quoique parfaitement beau, à cause du vers où il est parlé de Mars, et de celui où il est parlé de la Parque , qui sont des divinités païennes. >
Plus Mars qae Mars de la Thrace, Mon père victorieux Aux rois les plus glorieux Ota la première place.
Ma mère vient d'une race 5
Si fertile en demi-dieux, Que son éclat radieux Toutes lumières efface.
Je suis poudre toutefois;
Tant la Parque a fait ses lois i o
Égales et nécessaires ;
Rien ne m'en a su parer;
I90 POÉSIES, LIY.
Apprenez, ftmes vulgaires, A mourir sans murmurer.
13-14. Imitatioii des ren suinuits de Jean Second dam son épi taphe de Marguerite d'Autriche, fille de Tempereur Maximilien ï
At Tos plebeio geniti de sanguine, quando Feirea nec nobis didicerunt fata nec ullis Paroere nominibos, patientius ite snb nmbras.
A LA. REINE, ni^RE DU ROI 9 SUR LA MORT DE MONSEIGlfEUR LE DUC D^ORLlÉAfïS.
LDuprimé pour la première fou dans rédition de i63o. Le tome I des DéÙees de la poésie françoue y édition de i6ao, contient de Golomby, Ton des disciples de Malherbe, une pièce sur le même sujet et qui commence ainsi :
Gonsolez-Tous, Madame; essuyez votre face.
Gonsolez-YOuSy Madame, apaisez votre plainte; La France, à qui vos yeux tiennent lieu de soleil , Ne dormira jamais d un paisible sommeil Tant que sur votre front la douleur sera peinte.
Rendez-vous à vous-même , assurez votre crainte , 5
Et de votre vertu recevez ce conseil ,
Que souffrir sans murmure est le seul appareil
Qui peut guérir Tennui dont vous êtes atteinte.
Le ciel , en qui votre âme a borné ses amours ,
Étoit bien obligé de vous donner des jours t o
Qui fussent sans orage, et qui n^eussent point d^ombre.
Mais ayant de vos fils les grands cœurs découverts, N a-t-il pas moins failli d'en ôter un du nombre. Que d'en partager trois en un seul univei*s?
iga POÉSIES, LVI.
▲ MOnSIEUR DU MAINE, SUR SES OEUVRES