‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 139 sur 259 · Êtéocle et Polynice · texte numérisé non relu

Êtéocle et Polynice

Que vivre au siècle de Marie,

Sans mensonge et sans flatterie ,

Sera vivre au siècle doré. 1 a o

Les Muses , les neuf belles fées ,

Dont les bois suivent les chansons,

Rempliront de nouveaux Orphées

La troupe de leurs nourrissons;

Tous leurs vœux seront de te plaire; i a 5

Et si ta faveur tutélaire

Fait signe de les avouer,

Jamais ne partit de leurs veilles

Rien qui se compare aux merveilles

Qu elles feront pour te louer. 1 3 o

En cette hautaine entreprise,

Gonmiune à tous les beaux esprits.

Plus ardent qu'un athlète à Pise,

Je me ferai quitter le prix ;

Et quand j'aurai peint ton image , 1 3 5

Quiconque verra mon ouvrage,

Avoùra que Fontainebleau ,

i33. Pise, Tille d'Élide, titaée à peu de distance d*01ympie, où les jeux olympiques se célébraient tous les quatre ans. CTest de cette ville que parle Malherbe dans la Tingt-buitième stropbe de la variante de la pièce xxvn.

1 35- 140. Dans Tédition de i63o, où ils sont publiés pour la première fois, et dans les suivantes, on a placé séparément et comme fragment les vers suivants, qui ne sont qu'une variante de cette stropbe :

Et quand j'aurai peint ton image Comme j'en prépare l'ouvrage , Sans doute on dira quelque jour :

Quoi que d'Apelle on nous raconte, Malberbe pouvoit à sa bonté Achever la mère d* Amour.

i88 POÉSIES, LUI.

Le Louvre, ni les Tuileriet,

En leurs superbes galeries

N^ont point un si riche tableau. 1 4 »

Apollon à portes ouvertes

Laisse indâféremment cueillir

Les belles feuilles toujours vertes

Qui gardent les noms de vieillir;

Mais Fart d en faire les couronnes 145

N'est pas su de toutes personnes;

Et trois ou quatre seulement ,

Au nombre desquels on me range.

Peuvent donner une louange

Qui demeure éternellement. 1 5 o

145* Vas. (L et R) : IVen faire des conroniies.

ÉPITAPHE DE FEU MOfTSEIGlTEUR LE DUC D'oRUfiAJTS.

N. de Franoe, duo d'Orléanf, second fib de Henri IV, né à Fontainebleau le 16 avril 1607, mort le 17 norembre 161 1, sani aroir été nommé.

L*épitaphe parut, en i6ao, dam les tomes I et II des DéUeet de la poésie française,

f M. de Segrais m*a dit , rapporte Ménage , qn*il aroit oui dire autrefois à feu M. le duc d'Orléans, Gaston de France, que les religieux de Saint-Denis en France aroient refusé de mettre dans leur église où ce petit duc d'Orléans est enterré, ce sonnet de Malherbe, quoique parfaitement beau, à cause du vers où il est parlé de Mars, et de celui où il est parlé de la Parque , qui sont des divinités païennes. >

Plus Mars qae Mars de la Thrace, Mon père victorieux Aux rois les plus glorieux Ota la première place.

Ma mère vient d'une race 5

Si fertile en demi-dieux, Que son éclat radieux Toutes lumières efface.

Je suis poudre toutefois;

Tant la Parque a fait ses lois i o

Égales et nécessaires ;

Rien ne m'en a su parer;

I90 POÉSIES, LIY.

Apprenez, ftmes vulgaires, A mourir sans murmurer.

13-14. Imitatioii des ren suinuits de Jean Second dam son épi taphe de Marguerite d'Autriche, fille de Tempereur Maximilien ï

At Tos plebeio geniti de sanguine, quando Feirea nec nobis didicerunt fata nec ullis Paroere nominibos, patientius ite snb nmbras.

A LA. REINE, ni^RE DU ROI 9 SUR LA MORT DE MONSEIGlfEUR LE DUC D^ORLlÉAfïS.

LDuprimé pour la première fou dans rédition de i63o. Le tome I des DéÙees de la poésie françoue y édition de i6ao, contient de Golomby, Ton des disciples de Malherbe, une pièce sur le même sujet et qui commence ainsi :

Gonsolez-Tous, Madame; essuyez votre face.

Gonsolez-YOuSy Madame, apaisez votre plainte; La France, à qui vos yeux tiennent lieu de soleil , Ne dormira jamais d un paisible sommeil Tant que sur votre front la douleur sera peinte.

Rendez-vous à vous-même , assurez votre crainte , 5

Et de votre vertu recevez ce conseil ,

Que souffrir sans murmure est le seul appareil

Qui peut guérir Tennui dont vous êtes atteinte.

Le ciel , en qui votre âme a borné ses amours ,

Étoit bien obligé de vous donner des jours t o

Qui fussent sans orage, et qui n^eussent point d^ombre.

Mais ayant de vos fils les grands cœurs découverts, N a-t-il pas moins failli d'en ôter un du nombre. Que d'en partager trois en un seul univei*s?

iga POÉSIES, LVI.

▲ MOnSIEUR DU MAINE, SUR SES OEUVRES

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