‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 145 sur 259 · SUR LE MÊME SUJET · texte numérisé non relu

SUR LE MÊME SUJET

c Une des libyllet, dit la Melaiion^ chanta oes antres stances an nom de tons les Fnuiçois. s

Donc après un si long séjour,

Fleurs de lis, voici le retour

De vos aventures prospères ;

Et vous allez être à nos yeux

Fraîches comme aux yeux de nos pères 5

Lorsque vous tombâtes des cieux.

A ce coup s*en vont les Destins

Entre les jeux et les festins

Nous faire couler nos années;

Et commencer une saison , i o

Où nulles funestes journées

Ne verront jamais Thorizon.

Ce n'est plus conmie auparavant ,

Que si FAurore en se levant

D'aventure nous voyoit rire , 1 5

On se pouvoit bien assurer»

I. c Séjour f c*est tardation, tnora, conune : rons faites trop long séjonr, monam dueis, b (Nicot.)

6. Allnsion à nne légende assez moderne, à nn c petit conte sans fondement, inconnu des anciens antenrs, t comme dit le Dietiomnairt de Trévoux.

aoa POÉSIES, LIX.

Tant la fortune avoit d'empire!

Que le soir nous verroit pleurer.

De toutes parts sont éclaircis

Les nuages de nos soucis ; s o

La sûreté chasse les craintes;

Et la discorde sans flambeau

Laisse mettre avecque nos plaintes

Tous nos soupçons dans le tombeau.

O qu'il nous eût coûté de morts , % s

O que la France eût fait d efforts,

Avant que d'avoir par les armes

Tant de provinces qu'en un jour,

Belle Reine , avecque vos charmes

Vous nous acquérez par amour ! 3o

Qui pouvoit, sinon vos bontés,

Faire à des peuples indomptés

Laisser leurs haines obstinées,

Pour jurer solennellement.

En la main de deux h3rménées , s 5

D'être amis éternellement?

Fleur des beautés et des vertus ,

Après nos malheurs abattus

D'une si parfaite victoire ,

Quel marbre à la postérité 4 o

Fera parottre votre gloire

Au lustre qu'elle a mérité?

Non, non, malgré les envieux

La raison veut qu'entre les Dieux

Votre image soit adorée ; 4 5

POÉSIES, LIX. ao3

Et qu'aidant comme eux aux mortels, Lorsque vous serez implorée , Comme eux vous ayez des autels.

Nos fastes sont pleins de lauriers

De toute sorte de guerriers ; 5 o

Mais, hors de toute flatterie,

Furent-ils jamais embellis

Des miracles que fait Marie

Pour le salut des fleurs de lis?

BBPBIIB PAB TOliTSS LBS UBXLLU.

A ce coup la France est guérie ; 5 5

Peuples fatalement sauvés , Payez les vœux que vous devez A la sagesse de Marie.

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